TROUSSEY, Le chemin de(s) croix

Philippe commente l'historique de la Croix Albert
Philippe commente l'historique de la Croix Albert

Ce lundi 13 décembre, nous sommes 53 à Troussey pour découvrir un parcours thématique de 10 km (11,5 pour les plus courageux) qui nous révèle six croix. Il s’agit parfois de croix de mission plantées à l’issue d’une période d’intenses prêches par un prédicateur lazariste ou jésuite venu raviver la foi des habitants. D’autres monuments sont des croix de chemin plantées à un carrefour qui signifiaient qu’on était en terre chrétienne et qui servaient aussi aux processions pour bénir les récoltes. D’autres encore étaient des croix « mémoriales » rappelant un drame ou remerciant d’en être réchappé. Elles datent des 18ème et 19ème siècles pour la plupart. Ce «  chemin de croix » a été amicalement préparé par Philippe et Christiane que nous remercions  et que nous félicitons chaleureusement.

Nous traversons Troussey pour parvenir à l’église. Une douzaine de maisons ont conservé les traditionnelles niches occupées par la statue d’un saint protecteur. L’histoire de l’église est marquée par les guerres qui ont ensanglanté la région au fil des siècles. Au XII° siècle elle a brûlé avec les habitants venus s’y réfugier. Elle est reconstruite et fortifiée par l’évêché de Toul dont elle dépend. Rehaussée, l’église abrite les habitants dans ses combles lors des alertes de la sanglante guerre de Trente Ans (1618-1648) puis en 1650 quand 120 maisons sur 128 furent brûlées par des « routards ». A l’époque, chaque famille avait son coffre dans les combles de l’église pour y conserver ce qui serait utile en cas de confinement. En 1679 lors d’une nouvelle invasion, l’église est en partie brûlée. On refait la tour du clocher en1683. L’enduit et les peintures d’alors se sont dégradés. En 1962, le curé à force de kermesses parvient à réunir les sommes nécessaires pour retirer l’enduit et laisser les pierres apparentes comme on les voit aujourd’hui. La guerre de 14-18 a ruiné les vitraux. Certains ont été refaits par les familles en souvenir de leurs proches morts à la guerre. En 1944, contre l’église, a été construite une grotte évoquant celle de Lourdes pour que reviennent les prisonniers dont les familles étaient sans nouvelles. Tous sont revenus.

Au centre du village de Troussey, la croix de la place de l’église est une croix de mission richement sculptée sur ses quatre faces, réalisée à la fin du 18ème siècle par Antoine Varlet (1745-1814), sculpteur réputé du Barrois. On lui doit aussi  la croix du cimetière, jadis située à l’emplacement de l’ancienne léproserie. Sur ces croix, sont représentés non seulement le Christ mais aussi de nombreux objets symbolisant sa crucifixion tels que marteau, tenailles, clous, échelle, bourse, lance, fouet, couronne d’épines…La lune et le soleil symbolisent les ténèbres et la lumière.

A l’écart de Troussey, sur la D 36c, près du lieu-dit « la  Voie du Bois », la croix Albert, bénie en 1802, élevée par la famille Thouvignon à l’emplacement d’une croix plus ancienne, se dresse sur un socle en forme d’autel. Seul un cœur est sculpté sur sa colonne carrée. Notre parcours nous conduit ensuite à la croix du Maire à la croisée des anciens chemins allant à Ourches et à Void où une croix de chemin avait déjà été répertoriée en 1778 par le géographe Denis. Erigée par la famille Mazelin, bénie en 1828, elle a été malmenée par la tempête de 1999 et a nécessité une restauration par le sculpteur meusien Denis Mellinger. Son socle précise : ici les reliques de St Mansuy, St Amon, St Gérard, Ste Scholastique. Quasiment à mi-parcours, on rejoint la colonne cylindrique cannelée de la croix de six sols, élevée par Jeanne Gilles en 1801, déplacée lors du remembrement, et restaurée après la tempête de 1999 par Denis Mellinger.

Par la D 36, nous atteignons le Pont du Naviot sur le canal de la Marne au Rhin et nous empruntons le chemin de halage jusqu’au Pont Canal qui permet au canal d’enjamber la Meuse. Puis en suivant toujours le chemin de halage nous parvenons à la jonction entre le canal de l’Est et le canal de la Marne au Rhin. A quelques centaines de mètres à gauche se trouve la carrière d’exploitation du calcaire. On traverse le passage à niveau près de l’usine de concassage. Un peu plus loin à droite sur l’ancien chemin de Commercy qui longe la voie ferrée, on atteint la croix Maury édifiée au 17ème siècle par la famille Maury originaire du village disparu de Dommartin aux Fours. La croix Maury a dû être déplacée lors des travaux de construction du canal et de la voie de chemin de fer. Plus tard, très endommagée, elle a été remplacée en 1955 par une croix en pierre d’Euville réalisée par Jean Barrois sculpteur meusien. De Dommartin aux Fours entièrement détruit pendant la guerre de Trente Ans, ne subsiste qu’un lavoir restauré que nous atteignons chemin faisant.

Pour revenir vers Troussey nous empruntons les tunnels sous la voie ferrée et sous le canal. Troussey compte encore la croix de Pécheur, la croix de la Rouchotte, et la croix Marin ou Martel que nous gardons pour une autre balade.

Ce parcours thématique a été une initiative originale très appréciée.

                     Mireille

 

Photos de Denis


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