Sortie à la journée BOULLONVILLE, THIAUCOURT, JAULNY

Visite guidée du château de Jaulny
Visite guidée du château de Jaulny

Ce lundi 27 septembre 2021, nous sommes 62 dans le bus au départ de Vaucouleurs pour une sortie à la journée qui nous conduira de Bouillonville à Jaulny via Thiaucourt soit 9 km dans la matinée et pour l’après-midi, repas et visite au château de Jaulny et visite du cimetière américain de Thiaucourt.

A Bouillonville nous découvrons la charmante vallée du Rupt de Mad. Cette rivière prend sa source à Geville dans les Côtes de Meuse près de Commercy, puis après une course de 54 km, se jette dans la Moselle. Nous allons la suivre au long de notre balade.

 

 

Bouillonville est un très agréable village, accolé à la falaise creusée par la rivière, que ses sympathiques habitants fleurissent avec goût et passion. Son église dédiée à Saint Denys a été construite au XVIIIème siècle et remaniée au XIXème. Derrière elle, au cours de la Première Guerre Mondiale, une grotte avait été aménagée en hôpital militaire allemand. A la sortie du village nous passons par le cimetière allemand qui abrite 1368 sépultures de soldats allemands morts durant cette guerre.

Notre parcours nous conduit à Thiaucourt dont l’église Saint Rémy surprend par ses proportions. Construite en 1732, elle a été détruite en 1918. Sa reconstruction a débuté en 1920 dans un style qui mélange Art Nouveau, Art Déco, et baroque. Elle a été dotée en avant du portail d’entrée, d’un imposant clocher-porche à trois ouvertures dont les arcs s’appuient sur des colonnes doriques. Le 17 septembre 1918, le capitaine américain Oliver Baty Cunningham en position dans les bois entre Jaulny et Thiaucourt, a été tué avec d’autres militaires américains par un obus allemand. Il est enterré au cimetière américain. Sa mère a financé la reconstruction de l’église et de la Mairie. Un monument en mémoire du capitaine a été élevé à Jaulny dans le bois de Blainchant.

Nous parvenons à Jaulny dont les habitants sont nommés les « jaunottes ». Le site a été occupé dès 9000 avant notre ère. Après 52, les Romains ont occupé la région. Un premier château en bois devait exister dès le 11ème siècle remplacé probablement par une tour carrée en pierre au 13ème siècle. En 1060 on trouve trace d’un seigneur de Jaulny qui rendait Haute et Basse Justice et battait monnaie. Au 14ème siècle, 1/3 du domaine de Jaulny   est échangé contre le château de Bouq. La famille de Jaulny possède les deux tiers de la seigneurie et le château et la famille des Armoises le tiers restant de la seigneurie. Une version alternative de la vie de Jeanne d’Arc stipule que Jeanne, réputée née en 1412, serait la fille qu’Isabeau de Bavière (1371-1435), mariée en 1385 au roi de France Charles VI, aurait eue à l’âge de 41 ans avec Louis d’Orléans, son amant notoire, frère du roi, nommé régent du royaume en 1393 lorsque Charles VI est atteint de schizophrénie. Louis d’Orléans a été assassiné en 1407. Selon cette version alternative, l’enfant illégitime mais de sang noble, aurait été confiée à la famille d’Arc à Domrémy. En 1436, Robert des Armoises, Sire de Jaulny,  épouse à Arlon, Jeanne (ou Claude) du Lys. Celle-ci, ayant une forte ressemblance avec Jeanne d’Arc, affirme, 5 ans après sa mort sur le bûcher à Rouen (1431), être la Pucelle. Le fils de Charles VI, Charles VII, que la Pucelle a fait sacrer roi de France en 1429, l’aurait en secret sauvée du bûcher. Cependant lors de l’enquête conduite par l’Université et le Parlement de Paris en 1440, Jeanne des Armoises se rétracta, admis son imposture et se retira avec son époux à Jaulny jusqu’à sa mort en 1449. Le château de Jaulny est dit hanté par le fantôme de Jeanne des Armoises depuis qu’une jeune fille aurait aperçu une forme blanche circuler entre les ailes du château. La thèse selon laquelle la Pucelle et Jeanne des Armoises sont une même personne a toujours des partisans.

En 1585, Ferry III de Jaulny, dernier seigneur du nom, calviniste, est exilé à Bâle où il meurt en 1587 après avoir cédé tous ses biens. Au 18ème siècles, Anne-Antoine-Bernard de Raigecourt-Gournay et son épouse Louise de Vincens, marquise de Cousans, sont seigneurs de Jaulny. La marquise est dame de compagnie de Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI, à Versailles. Le couple est protégé par Marie-Antoinette. C’est à cette époque que la tour du donjon est remplacée par une cour avec un puits, fermée par une grille signée Jean Lamour. Fidèles à la famille royale, les Raigecourt le sont jusqu’à être parmi les protagonistes de la fuite du Roi à Varennes en 1791 et à combattre dans le camp autrichien contre les troupes de la Révolution française à Valmy en 1792. Rien d’étonnant à ce qu’en 1795 la destruction du château soit ordonné sous le prétexte d’un risque d’effondrement. En fait le château sera vendu. Durant la guerre 14-18, le château a été successivement hôpital militaire allemand et hôpital militaire américain. Aujourd’hui propriété de très sympathiques et entreprenants amoureux des vieilles pierres, le château propose des visites guidées, de nombreuses et intéressantes animations, et une agréable pause à la taverne sur la terrasse au-dessus du Rupt de Mad.

C’est sur cette terrasse que nous prenons l’apéritif. Les propriétaires du château ont dressé très aimablement un chapiteau pour nous permettre de consommer le repas préparé par la souriante restauratrice-traiteur de Vieville en Haye. La visite du château a suivi le repas: salle d’armes, salle des portraits de Jeanne et Robert des Armoises, poutres sculptées médiévales, oubliettes …

Avant le retour à Vaucouleurs le cimetière américain de Thiaucourt, érigé entre 1919 et 1937, est un des 26 cimetières américains entretenus par l’American Battle Monument  Commission. Il mérite largement la visite guidée. Il se situe sur un terrain de 16 ha qui n’est pas la propriété des USA mais mis à disposition des USA par l’Etat français. Souvenons-nous.

Le 10 août 1918 nait la Première Armée des Etas Unis forte de 14 divisions plus 4 divisions françaises sous les ordres du Général Pershing avec pour mission de réduire le « Saillant de Saint Mihiel ». Près de 1500 avions participent à l’offensive. Le 12 septembre à 1h00 du matin commencent les bombardements aériens et d’artillerie sur les positions allemandes. L’offensive terrestre commence à 5h00 au Sud et à 8h00à l’Ouest. Les raids aériens se poursuivent vers Saint Mihiel et ses environs. La 2ème Division libère Thiaucourt. La 89ème livre bataille sur le site de l’actuel cimetière. Le 13 septembre vers 2h00 du matin la 26ème Division atteint Vigneulles et réalise la jonction avec la 1ère Division encerclant le saillant. L’offensive se poursuit trois jours durant. Le 16 septembre : mission accomplie pour la Première Armée des Etats Unis. Plus de 550 000 américains et environ 110 000 français ont pris part au combat. La majorité des 4153 soldats américains qui reposent dans le cimetière moururent durant cette offensive.

Au centre du cimetière se trouve un grand cadran solaire surmonté de l’aigle américain, côté Ouest une statue de soldat de la première Guerre Mondiale, et côté Est une sculpture représentant la coupe de la victoire. Au Sud, se trouve un mémorial en pierre blanche d’Euville, composé d’une petite chapelle, du musée, et d’une colonnade avec une grande urne funéraire en granit rose, symbole de deuil, en son centre. Dans le musée, sur deux murs sont inscrits les noms de 284 des disparus dont le corps n’a pas été retrouvé. Sur le mur d’en face se trouve une grande carte en marqueterie de marbre décrivant l’offensive. La chapelle est décorée d’une immense mosaïque représentant la paix sous la forme d’une femme ailée remettant son épée au fourreau entourée de deux colombes.

Après la Première Guerre Mondiale, 60% des corps ont été rendus aux familles qui les réclamaient et les autres dépouilles ont été ensevelies dans le cimetière sous 4153 croix de marbre blanc  parfaitement alignées sur une pelouse impeccable traversée d’allées arborées et semée de parterres de fleurs.

Comme chaque jour, à 16h30, les deux drapeaux américains ont été  amenés, pliés en triangle avec la partie bleue étoilée seule visible, et déposés dans la chapelle jusqu’au lendemain. A 17h00 a retenti la sonnerie au mort pendant laquelle le silence a été respecté. 

              Mireille

 

Photos de Denis

Photos d'Annie


Écrire commentaire

Commentaires: 1
  • #1

    Martine M (mardi, 28 septembre 2021 18:21)

    comme toujours une réussite parfaite pour cette sortie à la journée et très instructive une bonne révision d histoire merci