VAUCOULEURS, les fontaines des Aglands et de Gomévaux, le Bois de Salme

En ce lundi 20 septembre nous sommes 54 au départ du monument aux morts de Vaucouleurs pour un parcours de 10 km qui rejoint le plateau de Bussy où fleurissent les colchiques, puis, par le bois de Bussy, la forêt de Vaucouleurs. En cheminant dans la fraîcheur du bois par des chemins tapissés de mousse, les commentaires vont bon train sur le séjour de la semaine dernière d’une soixantaine de marcheurs dans le Luberon. Nous découvrons successivement la source des Aglands, la Croix Vautier, la source de Gomévaux. Ayant traversé le Ru de Montigny lorsqu’il devient le Ru Nicole, nous atteignons Burniqueville.

 

A Burniqueville, ne subsiste avant la Montée du Trou du Loup qu’une tour carrée vestige de la propriété où, en 1713, Antoine Girault a créé la première faïencerie valcoloroise.

A la suite de nombreuses péripéties et de revers financiers, l’entreprise cesse son activité et l’un de ses ouvriers Mansuy Pierrot fonde en 1730 sa propre faïencerie à MONTIGNY-LES-VAUCOULEURS. Il est imité par François Cartier vers 1732/34 et par le potier Jean-Baptiste Gauron.

En 1777 Ferdinand Barbe et Joseph Grandemange achètent chacun une des faïenceries de MONTIGNY et procèdent à d’importants investissements de modernisation et à l’embauche de faïenciers chevronnés. Si la production s’accroît en quantité et en qualité, l’endettement augmente aussi au point que Grandemange qui ne peut plus rembourser ses créanciers et payer ses ouvriers est traîné en justice. Les fournisseurs refusant de continuer à le livrer et les salariés de travailler sans rémunération, il choisit de s’enfuir probablement à TOURNAI (Belgique). Dans le même temps, Barbe connaissant les mêmes difficultés vend son entreprise à un prix dérisoire en 1781.

Pourquoi les ventes ne couvrent-elles pas les dépenses de production ? Le marché local est insuffisant car le Valcolorois, qui appartient à la Champagne, est enclavé entre la Lorraine et le Barrois, protégés par des barrières douanières. Les droits à payer sont tels que l’exportation des faïences valcoloroises n’est pas envisageable. En outre, la production de MONTIGNY subit la concurrence de faïenceries renommées comme TOUL Bellevue, LUNEVILLE ou SAINT CLEMENT.

La faïencerie de Gauron étant apparemment en ruine en 1785, celle de Grandemange en liquidation judiciaire, la faïencerie restante (ex-Barbe) vit bien en employant 25 salariés et en se contentant du marché local de VAUCOULEURS et des débouchés de JOINVILLE, BAR-SUR-AUBE, SAINT-DIZIER, TROYES. Durant la première partie du XIXème siècle il y a à nouveau deux faïenceries à MONTIGNY, puis une seule a survécu. La production de faïences a été suspendue en 1857. Ainsi s’est achevée l’histoire de l’industrie faïencière valcoloroise.

Le retour nous offre à la sortie du bois de Salme une vue sur la propriété de Saint Paul et une longue descente vers Vaucouleurs. Le temps est resté clément et la température agréable. En bref une bonne balade.

 

         Mireille

 

 

Photos de Denis


Écrire commentaire

Commentaires: 0