Sortie à la journée à SION et VAUDÉMONT

Devant le monument Barrès entre Sion et Vaudémont
Devant le monument Barrès entre Sion et Vaudémont

Ce lundi 14 juin très ensoleillé nous sommes 44 pour une sortie à Sion. C’est la première sortie à la journée depuis le confinement de novembre 2020 nécessité par l’épidémie de Covid 19. Le matin, le parcours de 9 km nous fait d’abord visiter Sion où en 1979, une communauté des Clarisses s’est installée et a pris le nom de « Rameau de Sion ».  

La colline de Sion a été un lieu sacré de longue date. Les Leuques y vénéraient déjà leurs dieux, et les Romains Mercure. Au 4ème siècle les chrétiens y développent le culte de la Vierge.

Une première église est dédiée à Notre Dame au 11ème siècle sur cette colline qui a pris en souvenir des prières faites pour les Croisés, le nom d’une des hauteurs de Jérusalem sur laquelle était bâti le Temple. L’église fut reconstruite en 1326. En 1627, Charles IV de Vaudémont a édifié un couvent qu’occupent les moines Tiercelins, branche de l’Ordre des Franciscains. Les pèlerins sont si nombreux qu’en 1741 il faut agrandir l’église. Stanislas, Duc de Lorraine, offre l’autel et la grille de fer forgé signée de Jean Lamour. A la Révolution, les moines sont chassés et la statue de la Vierge du 14ème siècle détruite. En 1801 elle est remplacée par la statue gothique du 14ème siècle qui ornait la chapelle du château de Vaudémont, appelée « Vierge à l’alérion » car elle porte un oiseau dans sa main droite. En 1873 la Vierge reçut une couronne de vermeil et de pierreries offerte par les femmes du pays qui avaient sacrifié leurs bijoux. La statue a été dorée en 1954. Elle se trouve dans le chœur en arrière de l’autel.

De 1853 à 1869 les Oblats de Marie Immaculée s’installent à Sion. De 1858 à 1869 la tour de 45 m est édifiée près du porche de l’église. En 1871 la statue de Notre Dame de Sion, haute de 7m, fondue à Vaucouleurs, est hissée en haut de la tour. Un premier ex-voto, déposé par des pèlerins de Metz en 1873, alors que la Moselle est rattachée à l’Allemagne, représente une croix de Lorraine brisée et la mention en patois « Ce n’est pas pour toujours ». En 1920, à l’instigation de Maurice Barrès, la brisure de la croix est cachée et l’inscription devient « Ce n’était pas pour toujours ». En 1946 une nouvelle plaque est apposée avec la mention « Maintenant, un pour toujours ». En 1973, la banderole fixée porte le mot « Réconciliation ». Cet ex-voto et les trois inscriptions se trouvent dans la basilique à gauche du chœur. 

Patrimoine naturel du Pays Saintois, Sion, site classé, offre au sortir du parking, depuis l’Eperon Saint Joseph construit en 1890, un panorama magnifique jusqu’aux Vosges. En suivant le chemin de ronde planté de tilleuls on longe le chemin de croix sur lequel les Oblats ont placé des éclats de verre en décoration. Il conduit au Belvédère où se dresse un grand calvaire érigé en 1891 et une table d’orientation qui permet de découvrir les paysages au nord et nord-est. Au nord, dans le village de Thorey-Lyautey, le Maréchal Lyautey a aménagé en 1920 le château où il a fini ses jours. Nous passons ensuite devant la chapelle Notre Dame de la Pitié construite avant la Révolution par les Tiercelins et restaurée en 1859.

Après Sion, nous gagnons Saxon que nous traversons par la rue des frères Baillard. Au milieu du XIX° siècle survint le schisme du curé Baillard et de ses deux frères ainsi que des religieuses installées dans le couvent, tous tombés dans un délire mystique, dont Maurice Barrès fit le sujet de son livre « La colline inspirée ». Nous poursuivons notre marche dans le Bois de Plaimont. Là, se trouve une falaise à pic, boisée, dite « Saut de la Pucelle », qui a inspiré une légende. Un chevalier épris d’une jeune fille aurait décidé de l’enlever de force. Il la poursuit alors qu’elle rentre à cheval du sanctuaire de la Vierge. En fuyant elle arrive au bord de la falaise. Elle invoque la Vierge qui aveugle son poursuivant d’une pluie d’étoiles. Le chevalier tombe dans le vide et la jeune fille est miraculeusement déposée de l’autre côté de l’à-pic. La légende veut que les étoiles fossiles de la taille d’une lentille, que l’on trouve dans le sol, soient les restes de la pluie d’étoiles. En fait les encrines ou lys de mer étaient fixés au fond de la mer par des tiges faites d’éléments empilés comme des vertèbres en forme d’étoile qui se sont dissociés et fossilisés après que la mer se soit retirée il y a 65 millions d’années.

Nous atteignons le monument de Barrès. Maurice Barrès (1862-1923) né à Charmes (88), est un écrivain et un homme politique dont l’attachement aux racines, à la famille, à l’armée et à la terre natale fit un maître à penser de la droite nationaliste. Elève du collège de la Malgrange, puis du lycée de Nancy, il fait une première année de droit à Nancy puis  il part pour Paris au prétexte de finir son droit. En fait il écrit des romans et des articles pour de nombreuses revues. Il fréquente Paul Bourget, Charles Maurras, Leconte de Lisle, les frères Goncourt. Il acquiert une grande notoriété et ses romans influencent la jeunesse. Elu député boulangiste à Nancy en 1889 à l’âge de 27 ans, il ne retrouvera un siège de député qu’en 1906 à Paris et sera ensuite réélu dans cette ville jusqu’à sa mort. En 1906 il est élu à l’Académie Française. Les qualités de l’écrivain sont plébiscitées alors que les prises de position de l’homme politique font débat. En 14-18 il est un acteur important de la propagande de guerre et un champion du jusqu’auboutisme. Il fait une campagne de presse pour la création de la Croix de guerre 14-18. Pendant la bataille de Verdun, il nomme « Voie Sacrée » la ligne de ravitaillement menant à Verdun. A sa mort, on lui fait des funérailles nationales. Il est enterré à Charmes. En 1928, entre Vaudémont et Sion, à 542 m d’altitude, est inauguré par Henri Poincaré et le Maréchal Lyautey, un monument haut de 22 m, dédié à Maurice Barrès, qui reproduit la lanterne des morts de Fenioux (Charente Maritime). Sur les différentes faces du socle sont gravés des extraits de ses œuvres. Une table d’orientation permet d’apprécier l’étendue d’un splendide panorama.

De retour à Sion, (où nous attendent 4 touristes : Daniel et ses dames) le déjeuner, sorti du sac, à l’ombre des tilleuls, sur les bancs de l’église en plein air, est le bienvenu. Merci à la cuisinière du gâteau au citron et à ceux qui ont gardé les boissons au frais.

L’après-midi commence par la visite de la grotte des chambrettes de la taille d’une alcôve avant d’arriver à Vaudémont.  Perché à 480 m le village médiéval de Vaudémont, est dominé par les remparts du château des Comtes de Vaudémont. Au décès de Gérard d’Alsace, premier Duc de Lorraine, Thierri, fils aîné, lui succède et donne à son frère Gérard, son cadet, ce qui devient le Comté de Vaudémont. A la fin du 11ème siècle, Gérard étend le château pour en faire sa résidence. Au cour des siècles suivants des murailles et des tours sont érigées. Au 17ème siècle bourg et murailles sont détruits sur ordre de Richelieu et les Français occupent militairement le Duché de Lorraine lors de la guerre de Trente Ans. La plupart des maisons reconstruites alors réutilisent en façade des éléments antérieurs à la destruction. On peut voir les vestiges de la Tour Brunehaut, qui faisait partie de l’ancien château, probablement du 11ème siècle, réparée au 15ème siècle, détruite par Richelieu en 1639 et restaurée en 1930, haute de 15 m dont les murs ont 4 m d’épaisseur. Au centre du bourg se trouverait la partie basse d’une tour de 7 m de diamètre nommée la Tour du Guet. L’église paroissiale Saint Gengoult a été construite en 1748 à l’emplacement d’une église romane du 12ème siècle. Nous nous attardons dans le cimetière qui l’entoure où se trouvent des monuments funéraires du 19ème siècle. De Vaudémont nous revenons vers le monument de Barrès en passant auprès de la source de la Saussotte. Ce ruisseau rejoint le Tabourin pour se jeter dans le Brenon qui arrose Vézelise. Un peu plus loin dans le bois, la croix des pestiférés, haute d’un mètre environ au bord du chemin, témoigne des ravages des épidémies de peste dans la région.

Une belle balade et une sortie réussie dans la bonne humeur.

                       Mireille

 

Merci à Sylvie R qui a offert l'apéritif pour fêter la naissance de sa petite fille

 

Photos de Denis

Rando du matin depuis Sion

 

Photos de Denis

Pique-nique à Sion

puis rando à Vaudémont


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Commentaires: 1
  • #1

    Mimi la Binouze (vendredi, 18 juin 2021 14:58)

    Bravo pour "l'instantané de l'obélisque qui vise l'avion de ligne à 39000 pieds.
    Repas ombragé sur les bancs de la Chapelle en Plein Air =) en quelque sorte déjeuner à
    la "Messe......des Officiers".....