MAUVAGES, le tunnel et les éoliennes

29 marcheurs à travers le territoire de Mauvages
29 marcheurs à travers le territoire de Mauvages

La randonnée de ce lundi 10 février a connu bien des vicissitudes. Prévue à la Deuille de Moutrot, annulée en raison de l’alerte orange tempête, elle a été reportée au lundi 17 février. La levée tardive de l’alerte orange a incité les marcheurs à lui substituer dans l’urgence une balade à Mauvages. Donc 29 marcheurs se sont retrouvés devant l’église Saint Pantaléon qui a gardé du sanctuaire d’origine un portail roman du XIIème siècle. L’abside date du XIVème siècle et le retable du XVIème siècle. L’église a été reconstruite au XVIIIème siècle.

Devant l’église le monumental lavoir-fontaine du « Déo » a été réalisé par l’architecte Théodore Oudet en 1831. Depuis un décret de 1789, les Municipalités sont chargées de gérer les biens de la communauté et d’exécuter les travaux publics.

C’est entre 1810 et 1850 que la fièvre de la construction s’empare des communes meusiennes. La Meuse connait alors un essor démographique qui atteint son plus haut niveau entre 1834 et 1851 en approchant les 400 000 habitants. Cinquante lavoirs seront édifiés en Meuse entre 1830 et 1880. Les motivations avancées par les conseils municipaux sont un plus grand confort des lavandières, l’accès à une eau de qualité pour lutter contre les épidémies de typhoïde, donner du travail aux habitants, et avoir des ressources en eau en cas d’incendie. Mais il faut aussi servir le prestige du village comme l’exprime le Conseil Municipal de Mauvages qui veut avoir un lavoir dont « l’aspect le fasse remarquer ». C’est le cas avec la fontaine du « Déo ». Pour cet ouvrage, Oudet, formé à Paris, a été influencé par l’égyptomanie qui a suivi la campagne d’Egypte de Napoléon Bonaparte et les travaux de Champollion. Mauvages se distingue aussi en 1859 par le nombre de fontaines. On compte alors 9 fontaines et abreuvoirs, 5 bornes-fontaines, et 4 lavoirs pour 620 habitants. Les fonderies de Tusey et Vaucouleurs pouvaient produire à la demande mais éditaient aussi un certain nombre de modèles en série que l’on pouvait consulter sur catalogue. Ainsi 4 fontaines identiques à Mauvages sont agrémentées de mascarons en forme de têtes de divinités grimaçantes semblables.

Sortant du village nous passons devant la chapelle Notre Dame de Bonne Espérance caractérisée par son campanile et un auvent en façade. Construite au XVIème siècle, incendiée pendant la guerre de Trente Ans elle a été restaurée en 1674.

Une longue montée nous mène au milieu d’une douzaine d’éoliennes à 400 m d’altitude. Sur les chemins gisent des branches cassées par la tempête d’hier. Puis nous descendons vers Mauvages. En pénétrant dans le village, nous longeons les clôtures du château. Le château initial du XVème siècle a été détruit et un nouvel édifice plus modeste a été construit en 1704. C’est une propriété privée. Nous passons ensuite devant un des lavoirs à claire-voie, de faible hauteur, dont la toiture à quatre pentes couverte de tuiles-écailles protège une remarquable charpente de bois.

Quelques gouttes de pluie saluent notre retour sur la place du « Déo ».

           Mireille

Rendez-vous lundi prochain pour la rando des Deuilles

 

Photos de Denis

Photos d'Annie


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