COMMERCY, vers la Fontaine Royale

En fin de parcours, François commente la visite du Prieuré de Breuil
En fin de parcours, François commente la visite du Prieuré de Breuil

Ce lundi 20 mai 2019, nous sommes 50 à Commercy pour un parcours de 11 km qui nous conduit de Commercy à la Fontaine Royale dans le massif forestier de Commercy par le chemin de Bussy. La côte de Bussy nous offre une vue plongeante sur la ville qui existait au IXème siècle et possédait un palais où séjourna l’Empereur carolingien Louis le Pieux en 860. Au XIVème siècle un château fort est adossé à la Meuse.

En 1662, Jean-François Paul de Gondi, Cardinal de Retz, héritier du château, y est astreint à résidence par Louis XIV pour sanction de sa participation à la Fronde. Commercy aux marches du Duché de Lorraine, du Barrois et du Royaume de France, est éloigné de Paris. Le Cardinal transforme le château fort en château résidentiel. 

 

 

La forêt de Commercy s’étend sur 8000 ha. Pour maintenir le gros gibier dans son domaine de chasse il aménage des points d’eau dont la Fontaine Royale qui alimente un étang avant de s’écouler vers Commercy et la Meuse. V.endu à Anne de Lorraine et légué par son fils à Léopold Ier, Duc de Lorraine, le domaine est donné en usufruit à Charles-Henri de Lorraine-Vaudémont. Celui-ci réalise à partir de 1708 des travaux de rénovation du château qui donnent à la ville la place du fer à cheval et l’allée des Tilleuls. A la mort de Charles-Henri en 1723 Commercy revient à Léopold Ier et en 1729 à son fils François III. En 1737, c’est la résidence d’Elisabeth-Charlotte d’Orléans, veuve de Léopold Ier jusqu’en 1744 où le château devient la propriété de Stanislas, roi déchu de Pologne, beau-père de Louis XV. Il fait aménager de magnifiques jardins et construire un rendez-vous de chasse à la Fontaine Royale. A cette époque le massif forestier baptisé Plaisirs Royaux de Commercy, est sillonné d’allées permettant d’accéder à cheval ou en carrosse à n’importe quel point du massif. Voltaire séjourne à Commercy où la Cour de Stanislas vient plusieurs semaines par an. C’est dans les cuisines de Stanislas que fut inventée la fameuse madeleine toujours appréciée.

L’allée des Tilleuls est bordée de la deuxième génération de tilleuls. Ceux plantés au XVIIIème siècle ont dû être remplacés  dans la seconde moitié du XXème siècle par des arbres vieux de 20 ans. Nous quittons cette allée pour le chemin du Cardinal de Retz qui nous conduit à la Fontaine Royale. Le rendez-vous de chasse n’y est plus. En effet à la mort de Stanislas en 1766, les duchés de Lorraine et de Bar reviennent à la couronne de France. Louis XV ordonne l’abandon du château de Commercy qui devient une caserne de cavalerie de 1767 à 1927, et la destruction du pavillon de la Fontaine Royale. Il partage la forêt entre plusieurs villages. Commercy en conserve aujourd’hui 2300 ha.

En revenant sur l’allée des Tilleuls nous apercevons le château vers lequel nous descendons en longeant l’arboretum. Puis nous montons au sommet d’une colline pour avoir un point de vue sur la ville à l’opposé de celui que nous avions depuis le chemin de Bussy. La ville du XVIIIème siècle s’étendait en demi-lune depuis la rive de la Meuse vers la forêt et s’arrêtait au niveau de l’actuelle Sous-Préfecture. L’église Saint Pantaléon que l’on aperçoit a été construite au XVIème siècle sur l’emplacement d’un ancien bâtiment détruit par les troupes de Charles Quint en 1544. Le chœur et le transept ont été remodelés au XIXème siècle. Le XIXème siècle voit la construction du canal de la Marne au Rhin et de la voie ferrée Paris-Strasbourg qui coupent le château de ses jardins peu à peu abandonnés. Après 1870 et l’annexion de l’Alsace-Moselle, Séré de Rivières a renforcé la présence militaire le long de la frontière. Outre le château qui abritait des soldats, de nouvelles casernes ont été construites dont subsistent encore quelques bâtiments reconvertis. Commercy a hébergé jusqu’à 3000 militaires. Le château très endommagé en 1944 par un incendie, a été racheté par la Commune à l’Etat en 1957, restauré en 1977 notamment la façade côté ville, et est devenu la Mairie.

Nous descendons vers le Prieuré de Breuil. Au XIème siècle on fait appel aux Bénédictins pour créer de petits centres monastiques au pied des châteaux. Ce fut à l’abbaye de Molesme, située dans le diocèse de Langres, que le seigneur de Commercy fit appel pour fonder un Prieuré au XIème siècle.  Les bâtiments furent reconstruits en U autour du cloître entre 1714 et 1754 et les jardins en 1722. Après la Révolution l’église prieurale qui fermait le U, fut détruite. Vers 1835 la Sous-Préfecture et la Gendarmerie était installées dans le Prieuré qui devint l’Ecole Normale d’Instituteurs de 1854 à 1964, date de son transfert à Bar le Duc. De cette époque reste la grille d’entrée de 1920. Après restauration des galeries et façades du XVIIIème siècle, le Prieuré a été classé en 1984. A l’arrière du bâtiment sous lequel coule l’eau de la Fontaine Royale, une terrasse et des voûtes ayant abrité les bassins d’élevage de poissons  des moines, témoignent de l’édifice originel. Autour du Prieuré, très reconnaissable à l’architecture de ses petites maisons, se déployait le village des familles travaillant pour le Prieuré.

C’est là que prend fin une balade aussi agréable que passionnante grâce aux commentaires de François, notre guide, dont j’espère ne pas avoir déformé les propos.

 

            Mireille

 

 

Photos de Denis

Photos d'Annie


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