GIBEAUMEIX, RIGNY, La Camardière

On est guidé par un bonnet jaune
On est guidé par un bonnet jaune

Ce lundi 4 février 2019 Février 2019, nous sommes 52 à Gibeaumeix devant le lavoir, pour une balade de 10.5 km (13.5 km pour les rapides). Le nom de Gibeaumeix apparaît vers 708 (Gibodivillam) puis en 965 (GibbonisMansum).Gibeaumeix est un toponyme lorrain dont le suffixe MEIX, commun à plusieurs communes (Royaumeix, Laheymeix,….) signifie ensemble de jardins, et dont le préfixe reprend généralement le nom du propriétaire initial en l’occurrence ici Gebald.

Le monde des communes françaises est plein d’originalités patronymiques. Si 10% des communes, soit 3927 portent le nom d’un Saint (e), certaines rivalisent en longueur par exemple Saint-Germain-de-Tallevende-la Lande-Vaumont. Au contraire seize d’entre elles vont au plus court : Y- Ay –Bû –By - Eu –Fa –Gy –Oô –Oz- Py –Sy – Ur- Us –Uz.

 

Gibeaumeix fut une seigneurie. On mentionne la présence d’un château fort en 1487 qui fut incendié en 1690 puis restauré et démoli finalement en 1803. C’est du XVème siècle que date également le chevet de l’église et la sacristie qui n’est autre que l’ancienne chapelle castrale Saint Maurice remaniée. La nef et le clocher ont été bâtis au XVIIIème siècle. L’église a été largement reconstruite en 1873. Elle abrite des dalles funéraires du XVIIème et du XVIIIème.

Le village de Gibeaumeix comptait 430 habitants en 1850 mais n’en avait plus que 176 en 1936. L’épidémie de choléra de 1854 à elle seule a fait 65 morts. La baisse démographique a entraîné la disparition de métiers. Au XIXème on trouvait à Gibeaumeix 15 fendeurs d’échalas qui se louaient l’été comme moissonneurs, 10 maçons, 10 tisserands, 2 maréchaux-ferrants, 2 huiliers, 1 cordonnier, 2 tailleurs d’habits, 1 boulanger et 1 menuisier. En 1936 il ne restait que le menuisier. Par contre, les ouvriers d’usine étaient nombreux surtout à partir de 1918. Les nouvelles professions exercées étaient pour 50% ouvriers et pour 33% militaires ou employés de chemin de fer. L’activité de fendeurs d’échalas (piquets de chêne utilisés pour soutenir la vigne) a régressé dès 1895 du fait du phylloxera.

Nous commençons notre parcours le long de la route en direction de Vaucouleurs où se trouve une croix de 1880 érigée par les familles Charles et Guindard commémorant l’accident mortel survenu à une jeune femme tombée d’un chariot. Puis, après la passerelle, nous prenons le Chemin de La Rochotte qui longe le ruisseau l’Aroffe et nous conduit à Rigny Saint Martin. Nous ne voyons ni héron ni aigrette blanche se nourrir dans l’Aroffe mais des colverts. Sur les berges les ragondins ont laissé des traces de leurs allées et venues entre eau et prés. Ces gros rongeurs amphibies originaires d’Amérique du Sud ont été longtemps élevés en Europe pour leur fourrure.

Nous suivons le ruisseau Saint Fiacre qui se jette dans l’Aroffe. Puis nous grimpons le chemin qui, à travers le Bois d’En Delà, rejoint le plateau de la Camardière (Ferme). A « La Camardière » flotte le souvenir de l’Abbé François Alliot né à Gibeaumeix en 1798 qui acquit de solides connaissances médicales. Il exerçait la médecine. Il a été emprisonné lors des évènements de Juillet 1830. Brutalisé, Il a perdu un œil. Installé ensuite dans l’Oise, une foule considérable venait le consulter dont Napoléon III. A nouveau agressé, il a perdu son second œil. Désormais aveugle il a continué d’exercer. Il a publié des œuvres philosophiques et en 1851  l’ouvrage « La Pratique Médicale des Familles ». En 1852 il s’est installé à la ferme de la Camardière où nombre de patients venaient le consulter. Il s’intéressait à tout, législation, morale, littérature, beaux-arts et même aux droits politiques de la femme mais est resté en dehors de tous les partis. Il est mort en1872 dans la plus grande pauvreté.

Nous descendons vers Gibeaumeix par les anciennes carrières. S’offre à nous une vue intéressante sur la vallée de l’Aroffe vers la Meuse. Nous entrons dans le village par la rue de l’Eglise où se trouvent quelques maisons du XVIIIème siècle et d’intéressantes sculptures préservées sur les façades.  La maison la plus ancienne (de 1723) occupe l’angle de la Place de l’Abbé Alliot et est reconnaissable à la riche décoration de sa porte.

Pour rejoindre le lavoir, nous délaissons la rue de la Chapelle où se trouve la Chapelle Saint Maurice et une Croix de Mission de 1877.

 

                                            Mireille

 

 

Photos de Denis

Photos d'Annie


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