DELOUZE, vers le tunnel du canal

Un peu de neige sur les hauteurs
Un peu de neige sur les hauteurs

Ce lundi 28 janvier nous sommes 38 à Delouze, où tombent brièvement quelques flocons, pour un parcours de 11 km (13 km pour les rapides) qui nous fait prendre la direction du canal de la Marne au Rhin. Après avoir traversé le champ des éoliennes, nous atteignons ledit canal à l’endroit où il disparait dans le tunnel de Mauvages, long de 4877 m, construit entre 1841 et 1846. La construction du canal a été pour les communes voisines une aubaine grâce à la vente des terrains et du bois qui recouvraient la zone concédée pour le canal. Cette ressource tombait à pic puisque entre 1810 et 1850 les communes de la Meuse menaient une politique d’équipement en fontaines, lavoirs, et abreuvoirs.

 

Les objectifs étaient le confort des lavandières, améliorer la qualité de l’eau et lutter contre la typhoïde, donner du travail aux habitants, et enfin disposer d’une réserve d’eau en cas d’incendie. Ce n’est qu’après la Première Guerre Mondiale que les édiles territoriaux, du fait de l’évolution des principes d’hygiène, décidèrent de réaliser des adductions d’eau modernes dans les campagnes. Si en 1940 seulement 20% des logements ruraux possédaient l’eau courante, en 1970 ce chiffre avoisine les 80% permettant l’accroissement des équipements ménagers. Ainsi en 1963 on estime que 26% des agriculteurs exploitants utilisaient une machine à laver.

Le canal suit la vallée de l’Ornain et nous longeons l’embranchement d’Houdelaincourt jusqu’au niveau de Baudignecourt. Là nous grimpons le coteau qui nous sépare de Delouze. Chemins et champs sont poudrés d’une neige fraîche immaculée.

Nos ancêtres ont connu des hivers bien plus rigoureux que celui que nous traversons. On dit qu’en 822, les charrettes les plus lourdes pouvaient traverser la Seine sur la glace  à Paris, qu’en 1323 la Méditerranée était couverte de glace, qu’en 1407-1408, il y eut 66 jours de gelée et que les ponts de Paris furent emportés par les glaces.

Dans la région c’est en 1431-1432 que les charrettes traversaient la Moselle sur la glace de même qu’en 1457-1458 de novembre à février. En 1480-81 l’eau, parait-il gelait dans les puits, le vin dans les celliers et les arbres éclataient. On dit aussi qu’en 1490-1491, de la Toussaint au 30 janvier, les loups et les bêtes sauvages transies étaient entrées dans Metz. En 1564-1565 les arbres fruitiers périrent, les noyers surtout, et les vignes aussi.

En 1709-1710, au bout de 10 jours en janvier, Méditerranée et Manche gelaient par endroit, les cloches se brisaient en sonnant, le vin gelait, les horloges s’arrêtaient, les arbres éclataient et les animaux périssaient dans les forêts. En 1716, la glace atteignit 1,50 m d’épaisseur dans les étangs. En 1730-1731, perdrix et chevreuils périrent et on dut interdire leur chasse pendant deux ans.

En 1741 les vignes gelèrent en Lorraine et dans le Barrois. En 1766-1767 certaines rivières furent totalement prises par la glace. En 1776, du 20 janvier au 1er février il a fait –22°. En 1788-1789, on a atteint –25° à Neuf Brisach. En 1846,  on constatait –31° à Pontarlier. En 1879-1880, on enregistrait –26° et une partie des ports gelaient. En 1910, le froid glacial fut suivi d’inondations lors du dégel. En 1915, on a atteint –30° de même qu’en 1928-1929.

Quant à nous, nous avons accompli une revigorante et très agréable balade sous une belle lumière nacrée.

                                                   Mireille

 

Photos de Denis


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