Marche à la journée à GRAND

Visite de l'amphithéâtre
Visite de l'amphithéâtre

Ce lundi 8 octobre nous sommes 54 pour une balade d’une journée avec marche de 10 km le matin (13 km pour les rapides), puis un déjeuner au restaurant de Grand et ensuite visite du site gallo-romain l’après-midi.

Replongeons-nous dans l’atmosphère de l’époque. Avant JC,  il y a les Trévires au Luxembourg dont l’oppidum du Titelberg durera jusqu’au IVème siècle après JC, les Médiomatriques du nord de l’Alsace jusqu’à Metz et Verdun, les Rèmes dans la région de Reims. Dans la Meuse jusqu’aux Vosges, il y a les Leuques qui célèbrent leurs dieux celtes. Puis, en 50 avant JC, vint Jules César qui conquit tous ces peuples. La Pax Romana s’installe jusqu’à la victoire de Clovis contre les Romains à Soissons en 486 soit à la fin du Vème siècle après JC.

 

Tout près de la route de Trèves, les Romains avaient choisi un emplacement dans les bois alimenté par une source pour ériger des thermes et un sanctuaire consacré à Apollon Grannus, l’Apollon gaulois guérisseur comme l’Apollon romain. Il témoigne de l’assimilation des dieux romains et celtes. Grand tirera plus tard son nom de Grannus. Des kilomètres de canalisations alimentaient le bassin sacré qui accueillait les pèlerins. La ville nommée Andesina était du Ier au IVème siècle une grande ville de 20 000 habitants comprenant des immeubles d’habitation, des domaines agricoles, et des maisons de maître. Par la Grande Rue animée par de nombreuses boutiques, on accédait à une Porte monumentale ouverte dans les remparts qui délimitaient le périmètre de 1760m, réservé aux divinités, doté de 22 tours et de portes tous les 80 m. Pour distraire tant d’habitants et de pèlerins il fallait un amphithéâtre.

Retrouvé lors de fouilles en 1823, l’amphithéâtre, construit en 80 après JC, mesurant 148 m sur 68, pouvait accueillir 17 000 spectateurs répartis en trois niveaux : en bas les patriciens dont l’entrée réservée permettait de voir les gladiateurs se préparer, au milieu les plébéiens, tout en haut les plus malheureux, tous venus assister aux combats de gladiateurs, courses de char ou spectacles de théâtre. Ces jeux étaient financés par des mécènes désireux d’obtenir les bonnes grâces ou les voix du peuple. Une partie des jeux opposaient des animaux sauvages entre eux. D’autres mettaient face à face du gibier et des chasseurs. Enfin il y avait les combats de gladiateurs. Les écoles de gladiateurs formaient à grand frais des sportifs de haut niveau qu’il n’était pas question de laisser s’entretuer. Aussi le combat se déroulait-il souvent avec des armes non tranchantes et non coupantes ou bien était-il interrompu au premier sang. Lors de combats à mort si le mécène l’exigeait, le pouce dirigé vers l’un des combattants main ouverte signifiait la mort et le pouce replié vers la paume poing fermé signifiait la vie sauve. On est loin des représentations du cinéma. L’amphithéâtre de Grand sera abandonné à la fin du  IVème siècle. La restauration effectuée en bois rend compte de l’importance du monument d’origine.

Non loin de l’amphithéâtre, on peut admirer une mosaïque de 232 m2 d’un seul tenant, très bien conservée, qui pavait le sol d’une basilique c’est-à-dire un bâtiment administratif à l’époque romaine. Elle fut découverte en 1880 et date du IIIème siècle. On peut y voir une panthère, un tigre, un ours et un sanglier qui pour trois d’entre eux étaient des animaux que l’on voyait combattre dans les amphithéâtres romains mais probablement pas à Grand. Il est vraisemblable que les mosaïstes qui ont réalisé cet ouvrage avaient été formés par des mosaïstes romains.

Grand a reçu l’empereur romain Caracalla au IIIème siècle et l’empereur Constantin au début du IVème siècle après JC. Mais à la fin du IVème siècle, sous le règne de Julien l’Apostat, les persécutions contre les chrétiens recommencèrent et Sainte Libaire, première martyre lorraine, fut décapitée non loin de Grand ainsi que, un peu plus tard, son frère Saint Elophe. Une petite chapelle s’élève à l’endroit où la Sainte a été décapitée. Plus loin, une grande chapelle semi-enterrée datant du VIIème siècle, remaniée au XIVème siècle, entourée d’un cimetière situé sur un cimetière mérovingien, lui est dédiée. On prétend que les restes de la Sainte y auraient été enterrés. A l’extérieur de la chapelle très bien entretenue, des mascarons grimacent à qui mieux mieux. A l’intérieur, que la Mairie a très aimablement accepté de nous faire visiter, un tableau récemment restauré représente la Sainte lors de son martyre et un bâton de Saint Hubert porté lors des processions supporte une petite statue de Sainte Libaire avant sa décapitation. La pierre tombale sans rapport avec la Sainte, posée sur quatre pieds à droite de l’entrée, aurait la vertu de faire marcher plus tôt les bébés qui seraient passés dessous.

Nous devons un très grand merci à Jean-Marc et à Dominique pour avoir préparé toute cette journée de découverte très réussie, au remarquable personnel des sites archéologiques qui a travaillé pour nous un jour de fermeture et à Claudette pour le sympathique arrosage de la naissance de son second petit-fils.

                                                                                                                                                           Mireille

 

 

 

Photos de Denis

Photos d'Annie


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