PAGNY-SUR-MEUSE Carrière du Revoi et Bois du Juré

Visite de la carrière Novacarb
Visite de la carrière Novacarb

En ce lundi 3 septembre de rentrée des classes, nous étions 63 à Pagny sur Meuse à prendre le départ d’une balade pour la journée comprenant le matin 8 km de marche et la visite de la carrière du Revoi, un barbecue à la baraque de chasse, et 8 km de marche l’après-midi à travers le bois « le Juré », le tout organisé avec beaucoup de générosité par nos marcheurs pagnotins. Une mise en jambe le long du canal nous a permis de saluer les occupants de deux péniches amarrées pour la nuit au port de Pagny en compagnie d’un bateau de plaisance.

Parvenus à la carrière du Revoi, nous avons fait connaissance de notre guide employé depuis trois décennies sur le site. La carrière est exploitée depuis 1966 d’abord pour permettre à l’usine de Nancy-La Madeleine de produire du carbonate de sodium car la carrière et l’usine appartiennent au même groupe chimique français.

Le gisement de calcaire de 75 m d’épaisseur, constitué de sédiments marins coralliens datant de 150 millions d’année, est recouvert d’une couche de 30 m de matériau marno-calcaire inutilisable soit 850 000 tonnes qu’il faut retirer par an et mettre en décharge. Le calcaire est découpé en quatre fronts de taille de 20 m de haut chacun environ.

L’exploitation est réalisée par abattage à l’explosif. Ces explosifs sont introduits après forage de trous de 115 mm par une sondeuse sur chenilles. Nous avons eu le privilège d’assister à un tir. Les tirs sont réalisés en fonction des besoins journaliers afin de ne pas altérer la qualité de la pierre par reprise d’humidité. Avant le tir une sirène avertit les caterpillars d’avoir à évacuer la zone de tir. Une vingtaine de forages étaient prêts. Le tir est commandé à distance. Dans un grand nuage de poussière, 14 000 tonnes soit deux journées et demie de travail, forment un éboulis séparé du front de taille. Une sirène avertit les engins de la fin du tir et de la reprise du travail. Au pied des fronts de taille un chargeur sur pneus remplit en 4 godets, les bennes de « dumpers », camions-bennes d’une contenance de 65 tonnes. Les dumpers acheminent le calcaire jusqu’à l’installation de traitement.

Le traitement consiste d’une part à concasser les pierres pour obtenir la granulométrie demandée par l’usine de Nancy-La Madeleine soit des pierres de 30 à 180 mm. D’autre part les pierres inférieures à 30 mm sont réduites en diverses granulométries fines pour être commercialisées. Le calcaire est déversé par les camions-bennes dans une trémie. Les pierres glissent automatiquement dans un premier concasseur à cylindre qui les réduit de 0 à 400 mm puis un second concasseur les ramène à une taille de 0 à 180 mm. Un convoyeur sans intervention humaine transporte les pierres vers un tamis à deux étages.

Les pierres de 0 à 30 mm sont dirigées vers des séparateurs de granulométrie de 0 à 5 mm, de 5 à 15 mm et de 15 à 30 mm pour répondre aux besoins de différents acheteurs (cimentiers, métallurgistes, travaux publics…).

Les pierres de 30 à 180 mm sont convoyées et stockées automatiquement dans un silo de 4500 tonnes de capacité soit environ la production d’une journée de travail. Sous le silo, 31 wagons chargés, en deux heures, chacun de 70 tonnes de pierres soit pour toute la rame 2170 tonnes tractées par la SNCF. Huit à Neuf rotations vers l’usine de Nancy-La Madeleine sont effectuées chaque semaine. C’est 1 400 000 tonnes de calcaire qui est extrait par an dont 850 000 tonnes pour l’usine de Nancy.

Pour manipuler de telles quantités, il n’y a que 21 personnes tant l’automatisation est poussée. Outre les conducteurs d’engins, le personnel de maintenance est très important. Nous avons eu la chance d’assister à une scène très impressionnante : le remplacement d’un pneu plus haut qu’un homme. Selon la taille des chargeurs ou des dumpers un pneu vaut 9 000 ou 15 000 €.

Ravis d’avoir vu de près le fonctionnement de cette carrière tant de fois aperçue, nous avons fait un détour par les venelles de Pagny jusqu’à l’église Saint Rémi datant du XVIIIème siècle de style Renaissance ouverte à notre intention. Elle abrite notamment une statue en calcaire de la Vierge dite Notre Dame des Langueurs datant du XIVème siècle transportée de l’église disparue de Longor, village détruit entièrement pendant la guerre de Trente Ans.

Nous avons rejoint la baraque de chasse où les Pagnotins avaient dressé les tables, disposé les chaises, allumé le barbecue, et apporté le vin et la bière bien frais. L’apéritif, accompagné de délicieuses préparations salées, était offert par Claudette et Christine en l’honneur de la naissance de leurs petit-fils, petite fille et arrière-petit-fils respectifs. Chacun a fait griller sa viande. Tout le monde a échangé des victuailles si bien que celui qui aurait oublié son panier aurait pu manger quand même à satiété. Les desserts furent somptueux tant nos pâtissières ont de talent et de générosité.

Nous sommes repartis pour une marche digestive indispensable. Le bois Le Juré nous a offert une bienfaisante fraicheur. Un raccourci avait même été prévu pour ceux qui le souhaitaient.

Un très grand merci à Philippe et Agnès, André et Bernadette, Jean-Marie et Francine, Chritiane  pour l’organisation parfaite de cette journée de découverte et de marche, et la convivialité de ce repas partagé. Merci à tous ceux et celles qui ont amélioré très sensiblement notre pique-nique.

                                                                                                                                                                   Mireille

 

 

Photos de Denis

Photos d'Annie


Photos de Sylvie R.

 

 

                  Tir de mines  :  Vidéo

 

 

 

             Carrière NOVACARB : Notice


Écrire commentaire

Commentaires: 0