BEAULIEU-EN-ARGONNE et Butte de VAUQUOIS

Très beau village fleuri (4 fleurs)
Très beau village fleuri (4 fleurs)

Ce lundi 25 juin nous sommes 48 à quitter Vaucouleurs en bus pour Beaulieu en Argonne pour une journée de randonnée.

A la frontière des Ardennes, de la Meuse, l’Argonne est située aux confins des plaines de Champagne. Très disputée pendant la guerre 14-18, c’est aujourd’hui une région riante de belles forêts mises en valeur par les moines dès le Moyen Age, de vallons, et de prairies verdoyantes. Elle est arrosée par l’Aire, la Biesme, le Widehant, la Blonde, qui tous se jettent dans l’Aisne. La Biesme qui prend naissance à Beaulieu en Argonne alimente quatre étangs.

 

Beaulieu, village remarquablement fleuri primé à juste titre de nombreuses fois, ne compte plus guère d’habitants mais beaucoup de résidences secondaires. Il s’élève sur un promontoire culminant à 276 m. Les constructions sont en torchis sur une ossature de bois souvent apparente ou en briques ou en pierres de taille issues de la démolition de l’abbaye en 1790. Beaulieu est l’ancien siège d’une importante abbaye bénédictine et offre une belle vue sur le massif forestier composé d’ormes, d’érables, de tilleuls, de hêtres, de frênes, et de chênes. De l’ancienne abbaye subsiste un seul pan de mur et surtout un pressoir du XIIIème siècle en chêne dont la vis est en charme. Il pèserait 30 tonnes. Les moines pouvaient y presser 3000 kg de raisin donnant 1600 l de jus. L’église de 1850 renferme les reliques de Saint Rouin.

Le matin notre parcours au départ de Beaulieu fait 9,5 km (+ 3 km pour les rapides). Nous gagnons la maison forestière de la Gorge le Prieur, puis nous empruntons la route forestière vers le carrefour St Hubert pour atteindre l’Etang du Haut et l’Etang du Moulin. Nous traversons la tranchée de St Rouin, prenons le GR 14 jusqu’à la Croix de l’Architecte, faisons le tour de l’Etang des Deux Busines pour rejoindre l’Ermitage de St Rouin, où une salle à l’Abri des Pèlerins nous est aimablement ouverte pour notre pique-nique. 

Saint Roding ou Rouin était un moine irlandais  mort en 680. Vers 640, Saint Paul, évêque de Verdun, proposa à son ami Saint Rouin, moine à l’abbaye de Tholey, de venir s’installer sur les terres verdunoises pour y fonder un nouveau monastère. Saint Rouin choisit pour s’implanter le cœur de la forêt d’Argonne. Mais Austrèse, seigneur d’Autrecourt, vint chasser le moine non sans l’avoir fait fouetter. Saint Rouin partit en pèlerinage à Rome prier sur les tombeaux des apôtres. Pendant ce temps Austrèse et sa famille tombèrent malades et rien ne put les guérir. Alors qu’il priait à Rome, Saint Rouin fut interpelé par Saint Pierre du fond de son tombeau : « Retourne à ton désert. Tu as été battu mais le Christ ne l’a-t-il pas été plus que toi dans sa Passion ? ».

Saint Rouin regagna l’Argonne. Il guérit le seigneur en lui faisant boire de l’eau de la source à quelques distances du lieu dévolu au monastère (peut-être la fontaine des Nœuds). Alors Austrèse lui offrit la terre nécessaire à son monastère et vint même travailler à son édification. Ce monastère devint ensuite l’abbaye de Beaulieu. Plus tard, Saint Rouin, presque centenaire, se retira dans un petit ermitage voisin, celui de Bonneval, qui porte aujourd’hui son nom.

Dans ce site forestier a été aménagée une « cathédrale de verdure ». Sous la voûte des arbres se trouve une chapelle moderne, cube de béton sur pilotis conçue par le RP Rayssignier, disciple dominicain de Le Corbusier au milieu du XXème siècle. Les vitraux multicolores très originaux et très esthétiques ont été créés par une très jeune artiste japonaise, encore enfant, KimiéBando. Dans la verdure on peut voir aussi en plein air un retable en pierre daté du XVIIIème siècle très bien conservé.

Après le déjeuner, nous visitons la butte de Vauquois. En septembre 1914, le village de Vauquois est entièrement détruit. Son emplacement est marqué aujourd’hui par un monument émouvant devant un large panorama. La butte prise par les Allemands, reprise par les Français en 1915, devient une termitière,lieu terrible de la « guerre des mines ». Les puits et galeries creusées pour poser des mines sous les lignes ennemies représentent 17 km côté allemand et 5 km côté français. Ce seront 539 explosions qui vont secouer la butte de 290 m faisant diminuer sa hauteur de 14 m durant les 4 années de conflit. L’armée américaine libèrera le site en septembre 1918.

Un petit parcours de 5 km nous fait faire le tour de la côte Baillet en passant par le lieu-dit La Hardonnerie, où nous jouons à saute-mouton avec les clôtures. Nous découvrons un élevage de curieux cochons énormes en taille et poids et bizarrement velus. Puis le Cimetière National de Vauquois avec plus de 4000 sépultures de soldats morts au combat nous rappelle les souffrances inhérentes aux guerres en Europe avant la constitution de l’Union Européenne. Pour la photo de groupe, nous revenons  au village de Vauquois reconstruit après-guerre non plus au sommet mais au bas de la butte.

Le bus nous ramène à Vaucouleurs après cette journée ensoleillée riche en découvertes.

                                                                                                                                                               Mireille

 

 

 

Le matin : BEAULIEU-EN ARGONNE SAINT-ROUIN

Photos de Denis

Photos d'Annie


L'après-midi : La Butte de VAUQUOIS

Photos de Denis

Photos d'Annie


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