Les Carrières d'EUVILLE et la Chapelle de Gévaux

Ce lundi 18 juin nous sommes 50 aux carrières d’Euville pour un parcours de 12.8 km (15 km pour les rapides). Nous partons des carrières d’Euville pour rejoindre par la croix Nivelet à travers la forêt de la Vieille Poirière, la chapelle de Gévaux (ou Jévaux) et revenir par la vallée de Gévaux et Brachamp vers les carrières.

En 1497, Robert II de Sarrebrück, seigneur de Commercy, fit don aux habitants d’Euville d’une forêt dans laquelle se trouvaient des carrières de pierre déjà exploitées depuis fort longtemps.

Il y a 157 millions d’année, la région était couverte d’une mer tropicale corallienne. Les sédiments constitués par les squelettes d’animaux marins se sont compactés pour former une roche sédimentaire qui a donné naissance à la pierre d’Euville.

 

Les gisements de pierre qui se côtoient en blocs de 15 à 20 mètres de haut, présentent des couches de qualité différente. C’est la même pierre qui est exploitée à Lérouville, Vignot, Boncourt, et Mécrin. Les carrières ont connu leur premier essor grâce aux séjours princiers dont il fallait loger la suite à Commercy. Du Cardinal de Retz, au prince de Vaudemont en 1705, à Elisabeth-Charlotte en 1737, et enfin à Stanislas, il fallut construire toujours plus.

La pierre d’Euville, résistante, a été utilisée à Toul, du XIIIème au XVIème siècle, dans la cathédrale Saint Etienne pour les dalles au sol et le soubassement du cloître (XIIIème) ainsi que dans le dallage de la collégiale Saint Gengoult et de son cloître (1510-1530). En 1600 le pont sur la Moselle à Dommartin les Toula été construit en pierre d’Euville et reconstruit en 1901 avec le même matériau. Au XVIIIème siècle on utilisa la pierre d’Euville pour les remparts de Vauban, les Portes de France et de Moselle à Toul ainsi que les assises des immeubles et les vasques des fontaines de la place Stanislas à Nancy. Au XIXème siècle la pierre d’Euville a contribué aux ouvrages d’art du canal de la Marne au Rhin et des voies ferrées Paris-Strasbourg et Nancy-Metz (ponts, tunnels, gares…). Après la guerre de 1870, pour ses forts et batteries (Villey le Sec, Ecrouves…), Séré de Rivières l’a utilisée également. On la trouve aussi dans les maisons Art Nouveau de Nancy, dans les monuments aux morts comme pour partie au Montsec. En 2005, elles ont constitué les 20 grandes colonnes cannelées de 6 m de haut qui ornent le Métropolitain Museum à New York.

C’est en 1853, depuis la toute nouvelle gare de Commercy, que Félix Civet fils livra à Paris son premier bloc d’Euville pour l’immense chantier d’aménagement de la capitale ouvert par le Préfet Haussmann à la demande de Napoléon III. En 1895 un autre exploitant, Auguste Fèvre s’installe après adjudication, sur l’une des carrières d’Euville. Au pied de la Côte des Vignes deux ports ont été aménagés pour eux sur le canal. A la fin du XIXème siècle ce sont 1500 personnes qui travaillent sur une vingtaine de carrières du canton de Commercy.

Après la Première Guerre Mondiale, les pierres de la Meuse sont de plus en plus délaissées au profit du tout nouveau béton. Dans les années 50, l’extraction de la pierre se fait à l’explosif à l’aide de cordons détonants jusqu’en 1980. Ensuite on introduit la technique du découpage par fils. En 1976 c’est la société Rocamat qui rachète les  sites de Civet et Fèvre. Aujourd’hui la carrière d’Euville ne travaille plus en continu. Les carriers extraient pendant quelques semaines pour constituer un stock de blocs. Partis extraire dans d’autres régions, les carriers reviennent à Euville quand le stock est épuisé. Les zones d’exploitation abandonnées se végétalisent peu à peu : bouleaux, saules, pins noirs d’abord puis hêtres. Dans les anciennes carrières fleurissent plusieurs espèces d’orchidées comme les ophrys abeille mais aussi d’autres espèces comme les gentianes.

Après un tour dans les carrières, notre chemin se poursuit à travers bois en passant devant la croix Nivelet. Cette croix en pierre d’Euville, rappelle l’endroit où, le 18 décembre 1878, Jean Corda, 40 ans, et son ami Joseph Grosjean, 27 ans, ont trouvé le corps sans vie d’Amédée Nivelet (1853-1878), carrier de son état. Amédée avait six frères et sœurs et l’une de ses sœurs est l’ancêtre d’un éminent marcheur du Pied Champêtre, Daniel B.

Puis nos pas nous entraînent jusqu’à la chapelle de Gévaux construite par les moines de l’abbaye de Rangeval au milieu de la forêt de la Vieille Poirière, là où s’installa un ermite au VIIème siècle. Détruite à la révolution, elle fut reconstruite en style néo-gothique et inaugurée en 1891. Au sommet un clocheton abrite une cloche apparente couronnée d’une petite croix celtique en pierre. Par les ouvertures dans les portes on voit une statue de la Vierge à l’Enfant très ancienne disparue lors de la destruction et retrouvée dans les décombres en 1842. On lui prête des guérisons miraculeuses et la préservation de Vignot d’une épidémie en 1881.

                                                                                                                                                                       Mireille 

 

 

 

Merci à Sylvie avec ses photos en direct

et  à Jean-Marc avec le Suivi-Live d'Openrunner,

grâce à qui, j'ai pu suivre le parcours en direct.

Denis

 

Photos d'Annie

Photos de Sylvie


Écrire commentaire

Commentaires: 0