GIBEAUMEIX La Camardière

Une halte gourmande préparée par les locaux : Michel avec Mireille et Eliane
Une halte gourmande préparée par les locaux : Michel avec Mireille et Eliane

Ce lundi 12 Mars nous sommes 42 àGibeaumeix pour une balade de 11 km (13 pour le groupe des rapides au départ du lavoir. Meix veut dire ferme, propriété privée. Ce serait la ferme d’un certain Gebald  qui aurait donné son nom au village. Gibeaumeix aurait été fondé sous le règne de Dagobert (629-633) puis de son fils Sigisbert III (633-639) au sein du royaume d’Austrasie. Jusqu’au IXème siècle, le village, très petit, se situait sur le ruisseau l’Aroffe (appelé la Baumelle après Rigny Saint Martin), en un lieu dénommé la Rochotte. Détruit plusieurs fois, il a été reconstruit à son emplacement actuel comme l’indiquent les vestiges retrouvés dans la rue de la chapelle.

 

 

Probablement au XIIème siècle, une forteresse a été construite sur la rive gauche de l’Aroffe au droit de la rue du château comme semblent en témoigner deux pierres taillées trouvées sur place. Cette maison forte servait de refuge aux habitants et aux bestiaux lors des invasions ennemies. Mentionné en 1487, incendié en 1690, confisqué le château est vendu par devant le notaire d’Uruffe à la Révolution. Détruit en 1803, il sert de carrière pour la construction des maisons du village. De ce bâtiment il ne reste rien. L’ancienne chapelle castrale Saint Maurice (XVème siècle) a été intégrée dans l’église Saint Jean-Baptiste reconstruite en 1873. Ce village qui ne comptait, semble-t-il, que 30 habitants en 1710, en aurait compté 359 en 1822, 430 en 1850 pour retomber à 176 en 1936.La population n’a pas changé depuis.

Ayant traversé le pont de pierre devant le lavoir du XIXème siècle, nous empruntons le chemin herbu qui suit la route de Vaucouleurs. Nous passons devant la croix érigée en 1880 pour commémorer l’accident survenu à une jeune femme. Elle se trouvait en haut d’une charrette de foin lorsque les chevaux s’emballèrent. Elle tomba et fut tuée sur le coup. Puis nous obliquons vers le ruisseau où une passerelle ouvre l’accès à la rive droite et à la route de la Camardière au niveau d’une croix de mission de 1877. Nous laissons à droite la chapelle Notre Dame de Pitié reconstruite au XIXème siècle en intégrant à l’arrière un bas-relief médiéval représentant la Nativité.

Nous montons un chemin pentu dans le bois jusqu’à la Camardière. L’ancienne maison de la Camardière a abrité les derniers jours de l’Abbé Alliot né à Gibeaumeix en 1798, professeur au Petit Séminaire de Nancy. Ayant acquis de bonnes connaissances médicales, il collabore à plusieurs publications médicales. En 1830, au moment des évènements de Juillet qui voient la chute de Charles X et l’avènement de Louis-Philippe, il se trouve à Paris. Il est brutalisé par les Gardes Nationaux qui lui crèvent un œil et emprisonné. Il guérit l’épouse malade du directeur de la prison. Libéré il se retire à Montagny Sainte Félicité où ses sermons attirent une foule considérable. Bien qu’il n’appartienne à aucun parti, ses critiques de quelques sommités médicales et ses écrits touchant à la politique et à la philosophie lui valent de solides inimitiés. A nouveau agressé, il perd son deuxième œil. Aveugle il s’établit à Senlis où il soigne les déshérités comme les riches. Il vit pauvrement et publie des ouvrages philosophiques. En 1851, il publie « la pratique médicale des familles ». En 1852, il revient à Gibeaumeix à la Camardière. On incendie volontairement sa maison qu’il restaure. Il meurt en 1872.

Depuis la Camardière, un chemin descend au Neuf Moulin sur le ruisseau Saint Fiacre. A droite le sentier en lisière de bois rejoint les « Quatre Vaux ». Ce site est celui de la rencontre entre Philippe le Bel, roi de France et Albert de Habsbourg, empereur du Saint Empire Germanique, en 1299, fixant au cours de la Meuse la frontière entre leurs deux Etats. A droite encore, le chemin de Quatre Vaux mène à la baraque de chasse de Gibeaumeix où nous attend une petite collation servie par un marcheur du cru. Revigorés, nous empruntons sur une courte distance la route goudronnée de la Camardière. Nous la quittons pour le chemin herbu à gauche qui descend vers l’église de Gibeaumeix en offrant une vue qui aurait dû être dégagée sur la vallée de l’Aroffe, mais un gros nuage est venu crever au-dessus de nous à ce moment-là.

C’est pourquoi nous sommes passés en trombe dans la rue de l’église devant les maisons caractéristiques du XVIIIème siècle : portes charretières cintrées avec un piédroit commun avec la porte d’entrée de l’habitation et fenêtres en segment d’arc. On les reconnait au chérubin sur la façade de l’une, à l’angelot sur la façade de l’autre et à la Vierge dans une niche sur la troisième. A l’angle avec la grand-rue, se trouve la plus ancienne datée de 1723 avec une porte d’entrée ouvragée surmontée d’un œil de bœuf et de chapiteaux  ioniens.

                                                                                                                                                    Mireille

 

 

Photos de Denis


 

Photos d'Annie

 

Photos de Sylvie R.


Écrire commentaire

Commentaires: 0