La Deuille d'OCHEY

 

Ce lundi 5 février sec et frais, nous sommes 54 à Ochey pour une balade de 10.5 km (13 km pour les rapides) qui nous conduit à la Deuille d’Ochey. Les deuilles sont des résurgences qui débordent en période de crue pour donner naissance à des ruisseaux. Ces eaux proviennent de ruisseaux qui disparaissent. C’est le cas de l’Ar qui se perd à Thuilley aux Groseilles et réapparait en période de crue à la Deuille d’Ochey pour former le ruisseau de l’Arot ou Larot qui se jette dans la Moselle en amont de Pierre la Treiche.

 

Nous sommes sous le charme de la Deuille d’Ochey, cette fontaine éphémère en plein bois. Imaginez une vasque circulaire géante, profonde, aux parois de calcaire révélées par une eau transparente turquoise. En son centre, un bouillonnement témoigne de la remontée sous pression depuis le fond de l’eau emprisonnée dans la roche. En surface, l’eau s’écoule en un ruisseau vif aux murmures cristallins qu’enjambe un petit pont de bois.

La vallée de ce joyeux cours d’eau s’est revêtue d’un tapis de « nivéoles » ou « claudinettes » ou « LeucojumVernum », fleurs blanches qui apparaissent en février. Cette espèce est protégée depuis 1983. Haute de 10 à 30 cm, la plante fleurit sous forme de délicates clochettes inclinées, à six pétales blancs terminés en pointes colorées de vert, au coeur jaune. Mais elle est vénéneuse.

Nous rentrons ravis d’avoir pu profiter du spectacle très temporaire de la fontaine dans son écrin de fleurs offert par les fortes pluies de ces dernières semaines.

                                                                                                                                                Mireille

 

 

Photos de Denis

Photos d'Annie


Photos de Sylvie R

La Deuille d'Ochey (Vidéo)


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Commentaires: 3
  • #1

    Michel W (lundi, 05 février 2018 21:43)

    Cette rando valait le coup DEUILLE. Bravo aux photographes et vidéaste. Les nivéoles sont en avance en cette année 2018 (douceur et pluviométrie marquées de Janvier 2018)

  • #2

    tourancheau (mercredi, 14 février 2018 10:18)

    Merveilleux commentaires de Mireille , comme toujours - poétiques et érudits.
    Pour la petites histoire, la résurgence de l'Ar c'est bien sur une remontée des eaux de l'Aroffe, comme son nom l'indique: l'Arot, ou Larot, c'est notre Aroffe qui n'a pas su choisir entre les eaux de la Meuse et celles de la Moselle quand (il y a 300 000 ans) la Moselle a choisi de rompre son compagnonnage avec ce long fleuve tranquille qu'est la Meuse pour se jeter dans les eaux de son majestueux rival le Rhin. Ainsi l'Aroffe ressurgit à Ochey pour rester affluent de la Moselle, mais ressurgit aussi à Barisey au plain, dans la plaine au pied de Saulssures, pour rejoindre la Meuse après Rigny la Salle entre Vaucouleurs et Ugny.
    Les nombreuses appellations de cette rivière (Goulot de Meuse, Beaumelle, Aroffe, Arot, etc) sont dues aux hésitations des géographes autant qu'au sens de la propriété des riverains.
    Ainsi la rivière "magique" qui disparait à Grand, lieu de culte et guérison miraculeuse des Leuques et des Romains, se nomme -t-elle la Maldite à sa résurgence avant Gondrecourt, puisque son vrai nom est "mal dit": il s'agit de la*... qui se jette dans la Marne.
    L'Aroffe prend sa source à ......Aroffe, et l'on peut voir sur la carte départementale le curieux découpage en forme de hache qui permet au village de relier sa montagne sacrée( lieu de culte Leuque) à sa rivière magique. Cette rivière qui resurgit au pied du mont Bonnet, lieu de culte sacré (où la chapelle des Gouttes d'Houselmont nous rappelle sa fonction guérisseuse).Puis l'Aroffe passe par Uruffe, qui phonétiquement ressemble à Aroffe- mais dit avec le rude accent lorrain pour un calligraphe un peu snob!
    Puis elle passe à Gibeaumeix, dit aussi Gibomel à la Renaissance : c'est donc le ruisseau de Bomel qui devient la Beaumelle. Les anciens disent que depuis que les "Rigny" (la Salle) ont élargit le lit de la rivière après le pont devant le moulin, celle ci disparait à nouveau avant d'avoir le temps de se jeter dans la Meuse..........
    Merci aux marcheurs de nous avoir fait découvrir cette résurgence "magique" (les Leuques étaient à Ochey bien sur, mais aussi leurs ancêtres depuis le paléolithique- voir le trou des Celtes et les grottes), et surtout merci au photographe qui nous a montré les couleurs turquoise, jade et craie de ce bassin mystérieux ou l'eau renait des entrailles de la terre au milieu des bois.
    Helàs, je n'y étais pas, mais une autre fois, peut-être, avec plaisir et ferveur.
    Bien cordialement
    Frédérique, la parisienne de Gibeaumeix.

  • #3

    tourancheau (mercredi, 14 février 2018 10:51)

    * La rivière qui passe à Grand est l'Ornain. C'est une résurgence qui donne lieu au culte, puis la rivière retourne sous terre et réapparaît plusieurs fois avant de rejoindre le cours définitif de l'Ornain qui se jette dans la Marne.Donc la Maldite , c'est une résurgence de l'Ornain.