RIGNY-SAINT-MARTIN Forêt des 2 Rigny

Ce lundi 15 Janvier nous sommes 48 marcheurs à Rigny Saint Martin pour un tour de 9,5 km (13 km pour les rapides) entièrement dans le bois de Rigny La Salle. Les rapides passeront en outre par le bois de Lavau et le bois d’Ugny.

Au XIIIème siècle le site de Rigny est rendu célèbre par les diverses entrevues entre le Roi de France et l’Empereur Germanique en 1212, 1224, 1237, et surtout l’entrevue de Quatre-Vaux en 1299 entre Philippe le Bel et Albert Ier de Habsbourg. On y décida de reconnaître la Meuse comme frontière commune aux deux Etats.

 

 

Au XIVème siècle, Rigny la Salle et Rigny Saint Martin sont désignés comme tels mais au XVIIIème siècle Rigny Saint Martin n’apparaît plus car il n’existe plus. Rigny Saint Martin avait de nombreux habitants et l’église de Rigny la Salle n’était alors qu’une annexe. Ce village frontalier fut pillé et dévasté pendant la guerre déclarée en 1635 par Louis XIII et Richelieu à l’Espagne soutenue par l’Empereur Germanique. Cette guerre, dite de Trente Ans (1618-1648), est née en Allemagne de l’opposition entre catholiques et calvinistes. Elle va ensanglanter la France. Les mercenaires des deux camps pratiquent la politique de la terre brûlée. Ainsi Rigny Saint Martin sera rayé de la carte, toutes les maisons ayant été incendiées par les troupes suédoises du Duc de Weimar, obligeant leurs occupants à fuir dans les communes voisines.

 En 1678, le seigneur de Salle obtient du Roi le droit de joindre à son domaine de Vaucouleurs les bois de Rigny Saint Martin. Ce droit est confirmé en 1706. Or les descendants des anciens habitants de Rigny Saint Martin souhaitent pouvoir réinstaller leur maison dans l’ancien village et rentrer en possession des propriétés héritées de leurs ancêtres. Mais le seigneur de Salle fait échouer toutes leurs tentatives. Ainsi il fait abattre les cabanes construites par deux habitants au motif qu’il n’avait pas donné sa permission de les construire et de surcroît il fait rosser les deux coupables. En 1736, un arrêt permet aux habitants d’installer leur maison à Rigny Saint Martin mais sans pouvoir recouvrer de droits sur les bois et les pâtures tant les conditions posées sont exorbitantes. En 1741 le village compte douze feux. Malgré cet arrêt il faudra attendre la révolution et 1790 pour que Rigny Saint Martin soit à nouveau une commune. Pour autant les habitants n’ont pas reconquis leurs droits sur les bois, les pâturages et la pêche. Ils devront faire un procès à la dernière héritière de la famille de Salle. Ils obtiendront gain de cause en 1791.

Sur le chemin du retour, nous faisons un arrêt devant le chêne qui abrite dans une niche une statuette de Saint Nicolas donnant ainsi à la parcelle le nom de Bois de Saint Nicolas. Puis nous arrivons au monument dédié à la « Bonne Vierge ». En 1901, deux forestiers, Freymann et Christnaker, édifièrent une pyramide surmontée d’une croix de Lorraine, au-dessus d’une source, à l’endroit où une statuette de la Vierge avait été découverte incrustée dans un hêtre. En revanche nous n’avons pas pu repérer la « Source des quatre conscrits » captée par quatre jeunes hommes de la même conscription qui gravèrent sur la principale pierre leurs noms et la date effacés aujourd’hui. Quatre arbres furent plantés là et la légende veut qu’un des arbres ait péri à chaque décès d’un conscrit. Nous ne nous sommes pas arrêtés au lieu-dit « Sur les Monts » où s’élève une stèle en pierre d’Euville surmontée de la statue du Christ coulée par les établissements Pierson de Vaucouleurs. Lors de la guerre de 14-18, le curé des deux Rigny et d’Ugny fit vœu de construire une chapelle si la guerre épargnait ces paroisses. Le front resta au-delà des trois villages. Les fonds collectés, insuffisants pour construire une chapelle, permirent de financer le monument appelé «Sacré Cœur» qu’on inaugura en 1936.

Epargnés par la pluie et revigorés par le grand air, nous regagnons nos véhicules laissés devant l’église. En 1788, les habitants de Rigny Saint Martin avaient demandé l’autorisation de détruire leur église devenue trop vétuste. Ce sera fait en 1792. C’est à partir de 1849 qu’est construite l’église actuelle, très sobre, dont la forme circulaire est rare car on n’en compte que cinq ainsi bâties dans toute la France. Le clocher est accolé à l’arrière du bâtiment. Les vitraux plus récents représentant Saint Jacques et Saint Martin, très joliment dessinés et colorés, laissent abondamment passer la lumière.

 

                                                                                                                                                                   Mireille

 

 

Photos de Denis

Photos d'Annie


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