LUXEMBOURG et LONGWY

Le soleil de Longwy du 2 décembre 2017
Le soleil de Longwy du 2 décembre 2017

Ce samedi 2 décembre froid mais ensoleillé,  nous sommes 57 dans le bus qui nous conduit le matin au Luxembourg où notre marche de 4 km passe par le site archéologique du Titelberg  et par l’ancien site d’exploitation du minerai de fer du « Fond de Gras ». L’après-midi à Longwy est consacré à la visite des remparts et du musée de la Faïence et des Emaux.

Nous débarquons d’abord au Luxembourg. La monarchie constitutionnelle du Grand-Duché du Luxembourg, est un Etat indépendant de 2600 km2 et de 576 000 habitants, 5ème place financière du continent européen (150 banques présentes), siège d’importantes institutions européennes (Cour de Justice Européenne, Banque Européenne d’Investissement…).

 

L’histoire du Duché est l’histoire de l’Europe au fil des siècles. Comté devenu Duché au XIVème siècle, bourguignon au XVème siècle,  espagnol au XVIème, français et encore espagnol au XVIIème siècle, puis autrichien au XVIIIème, français à nouveau sous Napoléon et membre de la Confédération Germanique ensuite, il faudra attendre le Congrès de Vienne en 1815 pour que le Grand-Duché du Luxembourg soit érigé, en véritable Etat autonome dont le souverain est à titre personnel le roi des Pays-Bas. Le Duché ne peut être transmis qu’à l’aîné des héritiers mâles du roi des Pays-Bas. Le traité de Londres ratifié en 1839, en instituant l’Etat indépendant de de Belgique, prive le Luxembourg de sa province wallonne d’Arlon et lui donne sa configuration actuelle. En 1890 le roi des Pays-Bas meurt sans héritier mâle. En conséquence le Duché se détache de la dynastie des Pays-Bas. C’est l’Archiduc Adolphe de Nassau, ses descendants et descendantes, qui régneront désormais sur le Duché avec à partir de  1919 un rôle plutôt symbolique. Le Luxembourg, terre natale de Robert Schuman (Président du Conseil de la République Française 1947-1948), est un membre fondateur en 1920 de la Communauté Douanière du Bénélux (Belgique-Pays-Bas, Luxembourg), de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA 1951), de la Communauté Européenne (CEE 1957)  et de la Communauté Européenne de l’Energie Atomique (EURATOM 1957). (cliquer sur le lien pour l’histoire plus détaillée du Grand-Duché)

Par les bois enneigés et givrés, nous arrivons sur le site archéologique du Titelberg. La neige souligne les contours des vestiges dégagés par les archéologues. D’intéressants panneaux expliquent en français l’évolution de l’oppidum et la vie des habitants. 

Au IIème siècle avant JC, la civilisation gauloise en Lorraine se compose de plusieurs peuples : les Leuques au sud, les Médiomatriques de l’Alsace au Verdunois qui voisinent avec les Trévires du Luxembourg. Sur un éperon rocheux dominant la vallée de la rivière Chiers, non loin du village de Lamadelaine, les Trévires, tribu celte, ont établi leur principal oppidum défensif ceinturé par des remparts de 3 km environ, naturellement défendus par des versants de 100 m de dénivelé. L’oppidum se divise en deux espaces. Un espace public (environ 10 ha) est dédié aux fonctions politiques, économiques et religieuses ainsi qu’aux grands rassemblements et foires aux animaux. L’espace domestique (environ 20 ha) comporte les habitations en bois et torchis sur caves de pierres sèches, les puits, fours, réserves à provisions, et les ateliers et commerces. Il règne une forte activité artisanale et marchande du fait de la richesse du sous-sol en minerai de fer, en argile et en calcaire.

Lors de la conquête de la Gaule par les Romains entre 58 et 52 avant JC, l’oppidum du Titelberg devient romain et connait alors son âge d’or grâce notamment au commerce avec la Méditerranée d’où provient le vin. Le réseau routier se développe. L’axe principal de communication se déplace. Il relie désormais la capitale des Gaules, Lyon, à Trèves. C’est précisément le développement d’Augusta (Trèves) qui met un terme à la prospérité du Titelberg. Ce déclin est accentué au IIIème siècle après JC par les raids des Francs, des Vandales, des Burgondes, et des Alamans si bien que le site du Titelberg est abandonné au IVème siècle après JC. 

Nous reprenons notre chemin à travers bois  par le sentier des poètes borné de panneaux avec des poèmes en français et en allemand. Deux points de vue aménagés nous offrent un large panorama sur la vallée industrielle de la Chiers sous la neige.

Nous sommes au sud du Luxembourg, dans les « Terres Rouges » qui doivent leur nom au rouge du minerai de fer à l’origine de la sidérurgie qui a permis l’essor économique de la région. Les anciens sites sidérurgiques ont été réaffectés au Minettpark du Fond de Gras. Aujourd’hui le Fond de Gras est un musée en plein air. Des bâtiments historiques, des infrastructures techniques, rappellent les activités industrielles qui se sont déroulées à partir de la fin du XIXème siècle jusque dans les années 60. Deux guides bénévoles ont fait revivre pour nous ce site en circulant de la gare au hall Paul Wurth qui abrite une ancienne centrale électrique, puis en passant par le bistrot en bois fréquenté par tous les mineurs. Le train de laminoirs pourtant impressionnant était trois fois plus important en réalité. Dans l’épicerie Victor Binck le temps s’est arrêté en 1960. Un petit musée-photos très émouvant lui est accolé. Durant la saison estivale, un train minier à vapeur permet, en passant par une galerie minière, d’atteindre Lasauvage où on peut voir un carreau de mine. (cliquer sur le lien pour la visite détaillée  du Fond de Gras).  

Toujours à travers bois nous rejoignons le bus qui nous ramène à Longwy pour un joyeux repas à la brasserie Paradisio du Kinépolis. Pleins d’énergie nous nous rendons sous les remparts de Longwy Haut où nous attend notre talentueuse guide bénévole, Madame Nicolas.

Longwy comporte sur un éperon une ville haute à l’origine de laquelle il y eut un château puis une citadelle de Vauban, et une ville basse née de l’industrie. Succédant à des tanneries, les premières forges se sont installées sur les rives de la Chiers dès les XVème et XVIème siècles. Sur les flancs de la vallée s’étirent les cités ouvrières qui confirment le nom de Longwy qui signifie long village. Mais les remparts de la ville haute fortifiée par Vauban à partir de 1679, contredisent ce nom du latin longus (allongé) et vicus (ville sans remparts). Le temps manque pour visiter le puits du siège construit à la fin du XVIIème siècle, l’ancien Hôtel de Ville devenu Mairie annexe de Longwy Haut, édifié entre 1731 et 1746, l’église Saint Dagobert fondée en 652 et reconstruite en 1683 dont la façade possède un cadran « lunaire ». Son clocher haut de 43 m faisait office de tour de guet. Il perdit son 3ème étage lors d’un bombardement en 1871.

Pour donner chair à l’historique de la ville, notre guide commente la maquette de l’époque de l’ancien château puis la maquette de la citadelle. Nous entraînant à sa suite sur et sous les remparts, elle nous conduit jusqu’à la Porte de la demi-Lune avec son pont-levis dont les contrepoids sont si bien équilibrés que deux hommes suffisent pour le manœuvrer. Puis nous franchissons le pont qui enjambe les fossés pour contempler la Porte de France conçue comme un arc de triomphe à la gloire de Louis XIV. Une herse dont les glissières taillées dans la pierre, sont encore visibles, permettait d’empêcher l’accès à la ville (cliquer sur le lien pour le commentaire détaillé sur l’histoire et les remparts de Longwy). A quelques pas se trouve le Musée Municipal des Emaux. 

S’il est une tradition qui s’est maintenue à Longwy depuis la création de la première manufacture en 1798, c’est celle des émaux. La ville est célèbre pour ses faïenceries et ses émaux bleu turquoise peints à la main avec leur craquelé et leur relief à décor bordé de noir. Le Musée Municipal des Emaux que nous visitons, a investi l’ancienne boulangerie militaire de la place forte de Vauban, bâtiment immense où l’on pouvait fabriquer du pain pour 5000 hommes. Une vidéo décrit les étapes de la fabrication d’un vase décoré en émaux. Les collections de faïences exposées vont de pièces utilitaires ornées d’émaux à des pièces d’anthologie. On peut citer la fontaine présentée à l’exposition universelle de 1878 ou les fresques Art Nouveau autour du thème des quatre saisons.  C’est un festival de couleurs et de motifs. Nous n’avons pas le temps de nous attarder devant les collections de plus de 4000 fers à repasser du plus vieux du XVème siècle au plus lourd, chinois, pesant 27 kg. (cliquer sur le lien pour le commentaire détaillé de la production d’émaux à Longwy)

Il est tard et il faut rejoindre le bus pour rentrer après une journée riche en découvertes.

 

                                                                                                                                                         Mireille

 

 

 

LUXEMBOURG : Titelberg et Fond de Gras

Photos de Denis

Photos d'Annie

Photos de Sylvie R


LONGWY : Repas, Remparts et Musée des émaux

Photos de Denis

Photos d'Annie

Photos de Sylvie R


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Commentaires: 2
  • #1

    WILLAUME Michel (lundi, 04 décembre 2017 06:04)

    Bravo aux reporters photographes de la Journée.
    Très bon "rendu" de la lumière particulière de ce jour 2 Décembre
    (Soleil d'Austerlitz 2 Décembre 1804)

  • #2

    Denis (lundi, 04 décembre 2017 07:08)

    Il faut aussi associer la rédactrice qui a fait un énorme travail de recherche, On soupçonne qu’elle a dû anticiper, car tout le monde a pu en bénéficier dans le bus à l’aller.