TOUL : Côte Barine, Tour du Mont-St-Michel et Visite des remparts et de la Ville

En haut de la Côte Barine
En haut de la Côte Barine

En ce lundi 29 mai ensoleillé c’est Toul et ses environs qui nous accueillent pour la journée. Nous sommes 41 à mettre le cap sur la côte Barine et le Mont Saint Michel que nous escaladons dans la matinée pour consacrer l’après-midi à la ville et à ses fortifications.

Ces deux collines situées entre Toul, Ecrouves et Pagney derrière Barine, ont chacune leur histoire et en commun une légende.

Sur le Mont Bar (qui deviendra St Michel), en 1200 avant JC, les Celtes avaient fondé une cité nommée Leuca, qui fut une ville importante pour les Leucques et que les Romains rebaptiseront Tullum qui signifie le mont. Au IXème siècle le clergé se développe et dispute aux seigneurs féodaux possessions et privilèges. Pour que les seigneurs ne s’installent pas sur le Mont Bar, les Bénédictins du faubourg de Saint Mansuy le renomment Mont Saint Michel et y construisent un prieuré. Celui-ci sert de paroisse aux habitants de Barville, village situé à l’époque sur les coteaux de la butte. Au XVIème siècle le prieuré est remplacé par un ermitage qui sera détruit avant la Révolution. De 1874 à 1878 Séré de Rivières y construit un fort qui fait partie de la ceinture de défense autour de Toul.

La légende concerne la naissance de la Côte Barine. On raconte que sur le Mont Bar, des sorcières et sorciers organisaient des orgies nocturnes orchestrées par le diable lui-même. L’évêque de Toul partit avec les habitants de la ville bénir le Mont Bar et le rebaptiser Mont Saint Michel le plaçant ainsi sous la protection de l’archange. Le diable, mécontent, se fit confectionner une grande hotte et partit une nuit pour raser le mont à coups de pioche. Mais quand vint le jour il dut fuir, sa hotte sur le dos, sans avoir pu terminer son ouvrage. Il trébucha et le contenu de sa hotte se répandit constituant la Côte Barine. Plus vraisemblablement ce sont les cours d’eau qui, au fil du temps, ont creusé la roche tendre laissant en place la roche dure qui forme maintenant la Côte Barine. On trouve sur sa pelouse calcaire plusieurs espèces d’orchidées, une grande diversité de papillons, criquets et lézards ainsi que l’inoffensive couleuvre Coronella. Le phylloxéra a fait disparaitre la vigne pour faire place à une forêt.

La Côte Barine, qui culmine à 364 m, offre un panorama exceptionnel sur la plaine de la Woëvre et sur l’ensemble du Toulois. Au nord on aperçoit Pagney derrière Barine, Bruley et au-delà Bouvron et Lagney. Au sud on voit Ecrouves et Toul et au-delà Charmes la Côte.

On distingue nettement les vignobles qui produisent le vin des Côtes de Toul. Charlemagne possédait des vignes à Foug et Gondreville. Vers le Xème siècle, le Chapitre de Toul était propriétaire de vignes dans les villages de Bruley et Lucey où on retrouve des lieux-dits « la Vigne de l’Evêque » et « au Chapitre ». En 1650, des ordonnances des Ducs de Lorraine établissent un code viticole lorrain qui restera en vigueur jusqu’à la Révolution. Au milieu du XIXème siècle, la Lorraine aurait compté près de 50 000 ha de vignes. Aujourd’hui, après les ravages de l’oïdium et du phylloxéra, la majeure partie du vignoble lorrain a disparu. Il en reste dans trois sites principaux de la région :

>les Côtes de Toul qui produisent annuellement 4 000 hectolitres sur 105 ha, et qui ont reçu en 1997/98 l’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC). Ce vignoble dispose principalement de trois cépages traditionnels : Gamay (60%), Pinot Noir (30%), et Auxerrois (10%). Les vins sont majoritairement des vins tranquilles blancs, rouges, rosés et, spécialité locale, le vin Gris de Toul. Des vins pétillants ont aussi fait leur apparition.

>les Côtes de Meuse (35 ha) et les vins de Moselle (17 ha) sont reconnus Vins Délimités de Qualité Supérieure (VDQS).

La Confrérie des Compagnons de la Capucine constituée en 1962 pour la défense des vins des Côtes de Toul, a adopté un insigne représentant une capucine avec la lettre T (Toul) sur fond rouge et or. La capucine est une bouteille en bois qui était utilisée par le vigneron pour conserver sa boisson journalière lors des labeurs d’été. Le costume de la Confrérie est une grande cape rouge à parements jaunes avec cordelière jaune et rouge et capucine miniature. Le chapitre ordinaire a lieu tous les ans à la Saint Vincent le 22 janvier dans un village des côtes de Toul.

C’est justement dans les locaux du Domaine de l’Ambroisie à Toul que nous nous arrêtons pour un repas tiré du sac et une dégustation modérée mais joyeuse, de vin aux appellations très originales. A l’apéritif, on goûte un vin blanc pétillant brut nommé « Enigme ». Puis la dégustation s’est étendue au vin blanc appelé « Etincelle», au vin rosé nommé « Rosae », aux vins gris baptisés « Mystic Gris » et « P’tit Gris », et au vin rouge du nom de « Paradoxe ».

Gais et repus nous partons à la découverte de la ville et de ses fortifications.

La balade commence au port de France qui connait une importante fréquentation de plaisanciers. On peut y voir la locomotive dite de Péchot. En 1888 les essais réalisés à Toul ont permis l’adoption d’un système ferroviaire complet de voies de 0.60 mètres et de matériels adaptés aux transports en temps de guerre. Ce système du nom du colonel Péchot installé dans toutes les places françaises sera opérationnel jusqu’en 1940.

Puis, le chemin de halage nous conduit à la Canonnière. Cette construction enjambe le canal. Il s’agit d’un passage voûté surmonté d’une casemate construit en 1846 et rehaussé en 1873. En 1846 le percement du canal de la Marne au Rhin et son intégration à l’appareil défensif amène l’édification de ce bâtiment qui comporte une chambre de tir protégée par une voûte. Nous traversons le canal en marchant sur la canonnière qui constitue un pont.

En passant devant la porte de Metz, seule porte de Vauban subsistant dans son état d’origine, on s’achemine vers les jardins de l’Hôtel de Ville. L’Hôtel de Ville est l’ancien palais épiscopal construit entre 1735 et 1743, dont la façade majestueuse a été refaite en 1970.

On pénètre dans la cathédrale Saint Etienne. Elle a été construite de 1220 à 1500. Le plan en est roman et la construction gothique. Bombardée en 1870, incendiée en 1940, malmenée par la tempête de 1999, elle est restée en travaux très longtemps. Ses deux tours octogonales de 70 m de haut dominent l’ancien évêché. La remarquable façade qui surplombe le parvis a été édifiée de 1460 à 1496. A l’intérieur, la nef de plus de 30 m de hauteur comporte 8 travées flanquées de chapelles. Au sol se trouvent de nombreuses pierres tombales du XIVème au XVIIème siècle et sur les piliers on peut distinguer d’anciennes fresques. Dans le transept, les vitraux sont du XIIIème siècle et dans le chœur, la cathèdre, trône de l’évêque en pierre sculptée, date de 1240. Le cloître, que nous visitons, de style gothique flamboyant, a été construit aux XIIIème et XIVème siècles. C’est l’un des plus grands de France.

Puis on parvient dans un ensemble de casemates date de la période Séré de Rivières (1884). Casernes, hangars et poudrière ont fait place à médiathèque et patinoire.

On laisse derrière nous la Porte de Moselle élargie et reconstruite en 1882 pour laisser manoeuvrer aisément troupes et matériel. Elle présente une décoration soignée avec de faux mâchicoulis. Jadis deux grilles sortaient latéralement des murs et un pont à effacement latéral découvrait une fosse.

On fait le tour de la place des trois Evêchés par de curieux passages pavés entre les maisons identifiés par les lettres A, B, C, et D. Très endommagée lors de la seconde guerre mondiale Toul a fait l’objet d’un plan de reconstruction qui a créé cette place ronde.

On gagne la rue Michâtel. Au N° 16, se trouve une maison où a habité le père de Bossuet de 1638 à 1658. Elle a conservé ses gargouilles et une façade Renaissance (1550).

On parvient à la collégiale Saint Gengoult qui est malheureusement fermée. La première Collégiale fut fondée à la fin du Xème siècle par Saint Gengoult. L’édifice actuel a été construit entre le XIIème et XVème siècle. D’un style gothique champenois la Collégiale possède de beaux vitraux du XIIIème. Le cloître daté du XVIème est un mélange de gothique flamboyant et Renaissance. Il est également inaccessible et on ne peut pas voir ses curieux médaillons des clés de voûte. Le plus célèbre représente trois lièvres qui symboliseraient les trois étapes du parcours du soleil (lever, zénith et coucher).

La rue du Général Gengoult toute proche recèle d’intéressantes maisons :

=) au N°30 Hôtel des Chevaliers de Malte avec son portail à colonnes corinthiennes et son riche décor sculpté de fleurs et lions de pierre,

=) au N°17 en retrait de la rue façade de l’ancien séminaire fondé en 1638,

=) au N° 8 ancien Hôpital du Saint Esprit construit au XIIIème avec sa façade médiévale,

=) au N° 6 et N°6 bis «étrange portail » de l’Hôtel Pimodan (XVIIème).

Nous retournons vers les fortifications en laissant de côté la Porte de France reconstruite et agrandie en 1883, pour emprunter, non loin de l’hôpital saint Charles, les sentiers qui traversent les fortifications et, par le passage Saint Claude, accéder à nouveau au port de France.

De retour au Domaine de l’Ambroisie où sont restés nos véhicules, nous bénéficions de la visite guidée des installations de fabrication des vins que nous avons goûtés au repas.

Ainsi s’achève une belle journée, distrayante, culturelle et gastronomique.

                                                                                                                                                                                  Mireille

 

Commentaires complémentaires sur TOUL

 

Vue panoramique depuis le sommet de la Côte Barine.   (Cliquez 2 fois pour un agrandissement maximal)
Vue panoramique depuis le sommet de la Côte Barine. (Cliquez 2 fois pour un agrandissement maximal)

Photos de Denis (matin)

Côte Barine et tour du Mont Saint Michel

Photos d'Annie (matin)

Côte Barine et Mont Saint Michel


 

Photos de Denis

Repas et Visite des caves du Domaine de l'Ambroisie

 

Photos d'Annie

Repas au Domaine de l'Ambroisie


 

Vidéo du récital improvisé

de Pierre l'ami de Guy

Sans instruments de musique, uniquement avec sa bouche, grâce à sa Box magique

 

 

Est Républicain du 29 mai 2017

Orage de grêle sur les vignobles du Toulois 

dont notre hôte Thomas Colson est particulièrement touché.

 


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Commentaires : 2
  • #1

    Pierre JUAREZ ami de Guy (dimanche, 11 juin 2017 19:18)

    Bonjour à toutes et à tous,
    Un grand merci pour votre accueil, votre écoute, et votre gentillesse pendant ma prestation dans la cave de l'Ambroisie.
    Je vous laisse le mail de mon groupe qui mêle beatbox, chant, et instruments : mvpofficiel54@gmail.com.
    Vous pouvez nous retrouver sur Facebook : https://www.facebook.com/MVPOFFICIEL/
    Bonnes vacances à tous dans les Alpes, et bonne marche !!
    Pierre

  • #2

    Denis C. (dimanche, 11 juin 2017 20:30)

    Un grand merci à toi pour ta prestation surprenante et inattendue,
    et aussi un grand merci à l'ami Guy, le cachottier qui nous avait réservé une belle surprise.
    Bonne chance pour ta passion et ton avenir professionnel

    Le Pied Champêtre