Marche à la journée à MIRECOURT

Ce lundi 24 avril 2017 nous étions 44 à arriver sous le soleil à Mirecourt pour notre randonnée d’une journée autour et dans Mirecourt soit 9 km le matin (13 pour les rapides) sur le sentier des luthiers et des dentellières et 6,8 km l’après-midi sur le sentier des Ecoliers.

Le sentier des luthiers et des dentellières nous fait découvrir les faubourgs de Mirecourt d’abord le long du Madon. Le Madon prend sa source dans les monts Faucilles et traverse le Xaintois et le Vermois  avant de se jeter dans la Moselle à Pont Saint Vincent près de Nancy. A Ambacourt près de Mirecourt, il parait qu’il abrite une petite colonie de castors. Poursuivant notre chemin par la rue du Neuf-Moulin, nous atteignons l’ancien canal que nous suivons. Nous découvrons ensuite une ferme de l’INRA, la ferme Joly, de coquettes maisons aux jardins fleuris bien ordonnancés, une vieille maison de campagne abandonnée que la ville a avalée. Nous frôlons Poussay sans y entrer avant de revenir vers le Cours Stanislas où la brasserie « l’Abondance » va nous rassasier d’un pâté lorrain-salade, de porcelet-pommes de terre aux lardons et d’une forêt noire-café accompagnés d’une boisson au choix. Nous avons levé nos verres à la venue au monde du premier petit-fils de Thérèse C’est d’un pas plus lourd que nous commençons la visite de « Mirecourt intra muros » capitale de la lutherie et de la dentelle au fuseau depuis le XVIème siècle et de la musique mécanique depuis le XVIIIème siècle. Nous avons vu ses halles du XVIIème et son église dont la construction s’est étendue du XIIème, aux XIVème, XVème, XVIème et même XVIIème siècles.

Mirecourt est une ville de plus de 6000 habitants dont le nom vient du latin Mercuri Curtis. La ville est donc associée au Dieu Mercure, dieu du commerce et des voleurs.

PLACE THIERRY-COURS STANISLAS: MUSEE DE LA LUTHERIE ET DE L’ARCHETERIE :

Au XVIème siècle, l’Italie a inventé le violon et les Mirecurtiens ont appris à le fabriquer. On a compté jusqu’à 1000 luthiers et 100 archetiers originaires de Mirecourt dispersés dans le monde entier. Les premiers faiseurs et joueurs d’instruments s’organisent en corporation à partir de 1732. Une distinction rapide se fait entre les facteurs d’instruments et les facteurs d’archets puis la fabrication de guitare vient s’adjoindre à la production initiale. Avec le XIXème siècle, la lutherie mirecurtienne connait un grand rayonnement. Entre les deux guerres cette industrie produisait jusqu’à 40 000 violons par an. Aujourd’hui encore on fabrique violons, archets, guitares et mandolines et on forme les luthiers de demain à l’Ecole Nationale de Lutherie créée en 1970. Au musée de la lutherie on peut voir le plus grand violoncelle du monde haut de 7,50 mètres.

Depuis le cours Stanislas observer l’alignement en hauteur des maisons enchevêtrées dans ce que furent les remparts à l’abri des caprices du Madon.

RUE SAINT GEORGES :

Au long des rues de Mirecourt, des plaques transparentes sur les façades de leurs maisons natales ou de leurs ateliers, rappellent les noms des luthiers qui ont fait la réputation de Mirecourt au cours des siècles.

PLACE CHANTAIRE : MAISON DE LA DENTELLE (Fermée et transférée)

A Mirecourt c’est en 1553 que s’ouvre une première école de dentelle à fuseau. En 1850 cet artisanat connaissait un tel succès qu’il y avait plus de 25 000 dentellières dans la ville et les environs et que leur production s’exportait dans toute l’Europe. Cette activité connut son déclin au XXème siècle mais en 1981 l’association « Renouveau et Promotion de la dentelle » a relancé l’activité, dispensé des cours, organisé des expositions et un rassemblement biennal de dentellières de tous horizons appelé « couvige ». Bien que la Maison de la dentelle ait dû fermer pour se regrouper avec la maison de la musique mécanique, un couvige a été organisé à Mirecourt en mai 2014.

24 RUE CHANZY : MAISON DE LA MUSIQUE MECANIQUE ET DE LA DENTELLE (fermée le lundi jusqu’en juillet et août)

Mirecourt est aussi le berceau de la musique mécanique. Dès le XVIIIème siècle on y fabrique des orgues mécaniques destinés à apprendre à chanter aux oiseaux : des serinettes pour les serins et des perroquettes pour les perruches. Le musée présente des instruments en parfait état qui jouent, allant de l’orgue de salon, aux orgues de foire, aux orgues de barbarie et aux pianos mécaniques chers à nos cafés autrefois.

Une partie des collections de dentelles y est transférée.

RUE CHANZY : LES HALLES

Ces halles de pierres, en remplacement des halles de bois, furent construites entre 1614 et 1617. Endommagées par les mercenaires suédois, elles furent réparées de 1664 à 1669, date figurant sur la charpente. D’autres réfections suivirent au XVIIIème siècle (1707, 1742, et 1786). Construites en style Renaissance, elles sont les plus anciennes après celles de Vézelise. Leur façade à deux tours d’escaliers carrées encadre un corps central à balcons et à balustrades ajoutés en 1860. Ces halles se composent d’un rez-de-chaussée charpenté à arcades et d’un étage à fenêtres à meneaux.

PLACE DU GENERAL DE GAULLE : Monument érigé en 1922 pour tous les conflits, original par ses bas-reliefs.

RUE DU GENERAL LECLERC : EGLISE NOTRE DAME

Dédiée à Notre dame de la Nativité, l’église de Mirecourt est un édifice gothique construit dès la fin du XIIème siècle car la chapelle de la Oultre, qui était église jusqu’au début du XIVème siècle, devenait trop petite. A la fin du XIIème siècle la construction de la nouvelle église commence comme en atteste le clocher roman mais il semble qu’entre la fin de la construction du clocher et le début des travaux de la nef, le chantier ait été interrompu. Il faut attendre 1303 pour que la première pierre de la nef soit posée. Les deux premières travées de la nef sont réalisées entre 1320 et 1380, les trois dernières travées et le chœur aux XVème et XVIème siècles et le transept au XVIIème siècle.

A l’origine la rue était au niveau actuel de l’église. Au XVIIIème siècle celle-ci a été enterrée par les exhaussements successifs de la rue. On construisit alors les huit marches nécessaires pour y descendre. De même pour atteindre la rue en contrebas, il y a 40 marches. De la rue du Général Leclerc où se trouve l’entrée de l’église, on ne voit que la tour supportant la flèche octogonale qui a remplacé en 1755 une flèche à quatre pans. Les maisons voisines l’enserrent étroitement. Lors de la restauration de 1992 à 1997 un grand nombre de pierres de la tour ont été remplacées. Les entrées du porche sont constituées de belles pierres de taille en ogive.

A l’intérieur on trouve une nef centrale et deux bas-côtés, tous voûtés sur croisées d’ogives et séparés par de grandes arcades. Sur les murs au-dessus des arcades, on peut voir trois tableaux : « l’Adoration des Mages » de Claude Bassot (Nancy 1633), la « Résurrection »d’Etienne Gelée (Epinal 1634), et la ‘Vierge à l’Enfant et les Saints » de Dominique Prot (Nancy 1658).

Sous la voûte gothique du chœur, un retable monumental (1623) porte une toile de Claude Deruet « l’Assomption de la Vierge ». Devant ce retable, l’autel de marbre (1826) cache la pierre de l’autel primitif consacré en1612.

La chaire est de 1748, ses panneaux de plâtre de 1832. Les bancs de la nef sont du XVIIIème siècle (1732). Ils portent gravés les noms des familles d’autrefois.

Côté droit se trouve la chapelle de la Vierge (1602), dont la pierre d’autel a été consacrée en 1612. La statue adossée au mur de la Vierge à l’Oiseau date du XIVème siècle. Vers le chœur la représentation de Sainte Anne dans l’Education de la Vierge est un bois polychrome de 1633. Sur le bas-côté droit, Notre Dame de Pitié est une pierre polychrome érigée en 1517.

Côté gauche se trouve la chapelle dédiée à Saint Nicolas dont l’autel a été également consacré en 1612. Dans la niche restaurée est installée la Statue de Saint Pierre Fourier (1565-1640). Saint Pierre Fourier (1545-1640) fut canonisé en 1897. Prêtre de la paroisse de Mattaincourt pendant trente ans, il fonda une caisse de secours mutuel pour venir en aide aux plus pauvres. Il créa également une association pour l’éducation des filles qui deviendra la Congrégation Notre Dame. Il s’est vu confier la réforme des chanoines de saint Augustin dont il devint le supérieur. En 1636 Richelieu l’a exilé en Franche Comté où il est mort. Il repose à Mattaincourt.

Les fonts baptismaux de marbre, pierre, bois ouvragé et potence en ferronnerie datent de 1609.

La première construction de l’orgue réalisée à Mirecourt en 1826 par Jean-Baptiste Gavot fut suivie d’un agrandissement en 1852 et d’un autre agrandissement en 1881. L’orgue fut transformé en 1926 et restauré en 1987.

Le Chemin de Croix composé de plaques en bas-relief et haut-relief de 45 cm X 45 cm a été réalisée par Marie Dreux, céramiste, et installé en 2016. La particularité de ces sculptures réside dans l’intégration de motifs de dentelle blanche dans la terre cuite en hommage au savoir-faire des dentelières de Mirecourt. Ces œuvres méritent la visite.

FACE A L’HOTEL DE VILLE A MI-HAUTEUR DE LA PETITE RUE ETROITE EN PENTE RAIDE : MAISON NATALE DE SAINT PIERRE FOURIER

Tout en bas de la rue où se trouve la maison, une statue de marbre représentant Pierre Fourier a été érigée en 1892.

RETOUR PAR LA PLACE CHANTAIRE ET LA RUE SAINT GEORGES JUSQU’AU PARKING PLACE THIERRY.

En route pour la balade de l’après-midi sur le sentier des écoliers vers Mattaincourt en passant le pont Stanislas pour atteindre la chapelle de la Oultre.

Ce pont du XVIIème conduit au faubourg Saint Vincent où se trouve la première église de Mirecourt, la chapelle de la Oultre, dont la construction va du XIème au XVIème siècle. Sa porte est surmontée d’un tympan flamboyant. Le chœur et le transept sont de 1426. Dans le bras nord du transept, ancienne chapelle seigneuriale, se trouvent les pierres tombales des fondateurs : Jehan et Nicolas des Piliers. La chapelle possède de nombreuses pièces remarquables. A gauche le Saint Nicolas est du XVIIème siècle. Sur le mur latéral de la nef, la toile de l’Immaculée Conception de Dominique Prot fut réalisée à Nancy en 1664. A droite la Piéta en pierre polychrome date du XVIème siècle. Dans le chœur se trouvent deux œuvres de Nicolas Dubois : Saint Amable de 1708 et Saint Pierre d’Alcantara de 1695 (au-dessus de la porte).

 

Un chemin en pente nous conduit jusqu’aux bois en lisière desquels abonde l’ail des ours. Puis le sentier du siège de l’ogre, essayé par une d’entre nous, nous permet de dominer Mattaincourt, son usine de meubles, et sa basilique où repose Saint Pierre Fourier né à Mirecourt en 1565, prêtre de Mattaincourt, canonisé en 1897. Ensuite nous suivons la rive ombragée du Madon jusqu’à Mirecourt. C’est la fin d’une belle balade et d’une très agréable journée conviviale et détendue. 

                                                                                                                                                      Mireille

 

Carte des parcours

                       

Photos de Francine


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