Le Vent des Forêts

Devant le Mamouth, une des oeuvres de 2016
Devant le Mamouth, une des oeuvres de 2016

 Ce matin du 19 septembre 2016 nous sommes 36 à partir pour une journée de marche soit 14,6 ou pour certains 16,8 kilomètres entre Pierrefitte-Sur-Aire et Lahaymeix sur les circuits très originaux du « Vent des Forêts ».

Depuis 1997, six villages agricoles et forestiers invitent des artistes à venir créer une œuvre dans une forêt de 5000 hectares. Durant leur séjour les artistes travaillent dans un environnement inhabituel (en forêt, dans un hangar ou une grange).Ils sont logés chez l’habitant et sont aidés par des bénévoles et des artisans locaux.

Depuis 1997, 180 œuvres ont été installées sur les 45 kilomètres des 7 circuits balisés, dont 90 sont encore visibles.

Du Bois Brûlé nous sommes passés à La Hirmont ou Bois de Pierrefitte en suivant le Circuit du Gros Charme. Nous empruntons brièvement le Circuit de Louvent pour parcourir au lieu-dit le Juré le Court Circuit. Puis, nous laissons la ferme de Louvent derrière nous pour suivre un tronçon commun au Circuit du Gros Charme et au Circuit de la Croix Camonin.

Nous avons contemplé 39 œuvres d’artistes de différentes nationalités, coréen, canadien, israéliens, slovaque, français…Certaines ont marqué les esprits plus que d’autres.

C’est le cas de la « Tranchée » d’Alexandra Engelfriet creusée en 2013. Cette tranchée béante de 10 m, aux parois revêtues d’argile brute modelée par l’artiste avec ses poings, ses genoux, ses mains témoigne de la mise à l’épreuve de l’homme face à la résistance de la matière brute.

Plus légère est l’œuvre « Mobilier Désurbanisé » réalisée par Patrick Demazeau en 1997. Elle évoque l’escapade d’un banc public urbain jaune vif en quête d’espace sauvage et son dialogue intime avec le hêtre qui traverse son assise.

Pour faire le tour du tronc du gros charme qui a donné son nom au circuit, quatre marcheurs ont du se donner la main. Auprès de cet arbre vénérable, la table de pique-nique sculptée par Jean Bergeron, ornée d’une laie allaitant ses trois marcassins, a séduit tout le monde.

François Génot avec « Entrelacs 2 » construit en 2005, surprend par ce jeu de Mikado géant. Le mammouth « Hannibal » de Marina Le Gall, réalisé en 2016, a étonné par ses dimensions monumentales et sa parure de tuiles émaillées de couleur. Il a servi de décor à la photo de groupe.

C’est avec plaisir que nous avons pris notre repas sur une table pique-nique que Jean Bergeron a décorée d’un blaireau.

Reprenant notre parcours c’est Marion Verboom qui a remporté un beau succès avec « Cartouche ». Ce cadre rococo au décor de coquillages, de coraux et de végétaux, couleur pastel, a été réalisé par la technique de ciment travaillé autour de grillages appelée rocaille au XIXème siècle. La toile que ce cadre met en valeur n’est rien d’autre que les hêtres, chênes, et merisiers de la forêt. Nous n’avons pas résisté non plus au charme du bon gros géant de 3 m de haut, l’ami de la forêt, sculpté dans la pierre de Savonnières en Perthois par Stefan Rinck en 2010.

Lorintino nous a amusés avec son œuvre de 2006 intitulée « CACHEE ». Mais Karina Kudelova nous a émus avec « Peuple Migrateur », œuvre de 2007, montrant des oiseaux migrants ensanglantés pris dans les barbelés d’une frontière reconstituée. Saphira, nom féminin de la sculpture de chêne vernis de Claudia Comte de 2010, laisse voir dans l’anneau de sa tête et l’anneau de son ventre, la lumière, les champs et les bois.

Avec Alain Domagala et son œuvre de 2009 « Solstice et Systole », on vogue dans une barque d’iroko dont le mât est un charme sur pied. Nous nous sommes divertis des composants électroniques géants en grés émaillé de Bevis Martin et Charlie Youle intitulés « Circuit », circuit imprimé évidemment, censés capter les flux énergétiques du sol de la forêt.

Miguel-Angel Molina a éveillé notre curiosité avec sa plaque d’acier aux dimensions d’affiche publicitaire destinée à se montrer, revêtue des couleurs des treillis militaires de camouflage destinés à se cacher. Se montrer et se cacher, ce paradoxe est traduit dans le titre à somme nulle «3X4-12» de cette œuvre de 2004. Sandrine Pelletier et Olivier Ducret nous ont intrigués par leur œuvre « Diorama » de 2014. Au sein d’un grand cercle bois calcinés, restes d’un four, éclats de verre, célèbrent les efforts de l’homme dans le travail du feu pour façonner la matière brute et les cendres qui en résultent.

Ceux d’entre nous qui ont poussé jusqu’à la Croix Camonin, ont été récompensés par les bourgeons en fleurs de l’arbre Padauk de Birmanie qu’Aung Ko fait surgir en jaune vif d’un chêne en 2015. C’est un enthousiasme unanime qu’a inspiré le splendide « Hibou » en bois à taille humaine que Laurent Le Deunff a sculpté en 2009, alors que les « acrobates » de Tjerrie Verbellen de 1997 disséminés dans les arbres ont plus surpris que séduit.

En conclusion ce fut une journée de randonnée réussie.

 

                                                                                                                                                   Mireille

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Merci à Annie pour les photo-montages identifiant les oeuvres

 

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