Marche à la journée : PAGNY-SUR-MEUSE TROUSSEY

Joëlle en joélette le long du canal de la Marne au Rhin
Joëlle en joélette le long du canal de la Marne au Rhin

En ce premier lundi de l’été nous étions 44 à Pagny sur Meuse pour profiter du soleil pendant une journée de balade coupée par un barbecue à Troussey, le tout organisé par Philippe et Agnès auxquels nous adressons de sincères félicitations. La matinée nous vit parcourir les bois de côtes modérées en pentes douces. Chemin faisant notre botaniste nous a fait découvrir les bienfaits de l’armoise, la délicatesse des fleurs d’asperges sauvages, les qualités cachées de la pointe d’ortie fraiche, le parfum de l’origan, les salsifis sauvages aux fleurs jaunes soleil, la scabieuse bleue aux pétales comestibles dans la salade. Au-delà des plantes comestibles nous avons admiré des orchidées blanches, l’orchis à deux feuilles, et des orchis roses ainsi que la profusion de grappes bleues de vesces sur les talus.

Nous avons suivi une ancienne frontière marquée par de hautes bornes de pierre portant d’un côté, bien visible, la croix du Duché de Lorraine, et de l’autre un blason érodé que nous pensons être celui du roi de France mais qui pourrait être aussi celui de l’évêché de Toul. On peut s’étonner que ces bornes soient encore là alors que le Duché de Lorraine a disparu définitivement il y a 250 ans.

Arrivés à Troussey, la table est dressée, les braises rôtissent côtelettes, lard, et saucisses. Les bulles pétillent dans les verres pour un toast de bienvenue au petit Achille, accompagné de cakes aux olives préparés à Chalaines. Puis chacun goûte le panier de l’autre, reprend des grillades, vide son verre de vin ou de bière, et cède à la tentation des tartes au flan de nos habiles cuisinières. Une fois les tables repliées, la marche reprend en compagnie de deux personnes à mobilité réduite, une en fauteuil électrique et une autre dans une « Joélette », pour un parcours qui ne leur a pas posé de problème.

L'ancien maire de Troussey, passionné, nous raconte son village dont une douzaine de maisons ont conservé les traditionnelles niches occupées par la statue d’un saint protecteur. L’histoire de l’église est marquée par les guerres qui ont ensanglanté la région au fil des siècles. Au XII° siècle, elle a brûlé avec les habitants venus s’y réfugier. Reconstruite, elle est fortifiée et dépend de l’évêché de Toul. Troussey sera rattaché au royaume de France en 1552. Rehaussée, l’église abrite les habitants dans ses combles lors des alertes de la sanglante guerre de Trente Ans (1618-1648) et en 1650 quand 120 maisons sur 128 furent brûlées par des « routards ». Chaque famille avait son coffre dans les combles de l’église pour y conserver ce qui serait utile en cas de confinement. En 1679 lors d’une nouvelle invasion, l’église est en partie brûlée. On refait la tour du clocher en 1683. A cette époque sur les pierres un enduit avait été posé et des peintures réalisées, mais en 1962 ce revêtement s’est dégradé. Le curé et les paroissiens à force de kermesses sont parvenus à réunir les sommes nécessaires pour retirer l’enduit et laisser les pierres apparentes comme on les voit aujourd’hui. La guerre de 14-18 a ruiné les vitraux. Certains ont été refaits par les familles en souvenir de leurs proches morts à la guerre. Les autels latéraux viennent de St Mansuy à Toul et le chemin de croix date de 1876.

Reprenant notre chemin nous passons devant le lavoir de Dommartin aux Fours, seul vestige d’un village entièrement détruit pendant la guerre de Trente Ans. C’est en flânant le long du canal que nous gagnons Pagny sur Meuse après un circuit de 18,6 km pour la journée.

 

Encore merci aux organisateurs de cette belle journée appréciée de tous.

                                                                                                                                                           Mireille 

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