Les Etoiles de BAR-LE-DUC

 Randonnée des Etoiles de BAR-LE-DUC du Samedi 12 Décembre 2015

 

Nous étions 41, répartis en deux groupes, en ce samedi 12 Décembre 2015 à écouter notre guide, devant le monument de 1870 surmonté d’un coq fièrement tourné vers l’Allemagne, nous prévenir qu’à BAR-LE-DUC les statues se déplacent dans la ville fréquemment.

Mais revenons à l'histoire de la ville que racontent ses monuments.

Vers le VIème siècle, un bourg se crée près de la rivière Ornain et s’entoure de remparts. Au Xème siècle, un château s’élève sur l’éperon rocheux qui domine la vallée. Au XIIIème les nobles s’installent près du château. Les embryons de la ville haute et de la ville basse sont en place.

En bas l’église Notre-Dame est construite et remaniée à plusieurs reprises entre le Xème et le XVIIIème siècle. On raconte qu’en 1619 un incendie commence à faire fondre le clocher en plomb et les cloches. On les fit tomber à coup de canon pour éviter la destruction de tout l’édifice.

Le quartier devant l’église est le plus ancien de la ville. Les constructions sont en pierres de SAVONNIERES-EN-PERTHOIS à la jolie couleur jaune pâle. Du parvis de l’église on accède d’un côté aux hospices civils devenus maison de retraite et de l’autre au presbytère construit en 1855. La Rue du Repos nous mène au Pont Notre Dame  construit en 1311. Bombardé durant la guerre 1940/45 le pont fut détruit sauf le pilier qui supporte encore la tourelle dans laquelle se trouve la chapelle de la Vierge Couronnée. Par la Rue du Bourg on enjambe le canal des usines qui desservait tanneries, filatures etc…. L’Ornain lui-même qui rejoint la Saulx, puis la Marne, puis la Seine était utilisé pour le flottage du bois.

Pour admirer les vestiges du XIVème siècle dont la Tour de l’Horloge (1381) il faut grimper 80 marches de l’escalier entre ville basse et haute, mais le panorama offert récompense l’effort. Le XVème siècle n’a laissé que des maisons à pans de bois, une Place Saint Pierre et l’autre Rue de la Couronne ainsi que, place de la fontaine, la fontaine de René d’Anjou d’où coulait du vin les jours de fêtes.

Au XVIème siècle la ville connaît un véritable essor. En 1542, les commerçants s’installent en nombre autour de la halle construite au XIIIème avec ses galeries à arcades s’ouvrant sur une cour centrale pavée dont on peut apercevoir les vestiges par le portique entre la Place de la Halle et la Place Saint Pierre ; Sur cette place, l’église Saint Etienne de style gothique flamboyant érigée entre 1315 et 1630 abrite des sculptures de Ligier-Richier : le Transi, réalisé en pierre calcaire blanche, représente le corps en décomposition, décharné et écorché, de René de Chalon ainsi que le Christ en Croix et les deux larrons. Sur la statue de Notre Dame du Guet court la légende selon laquelle la Vierge aurait donné l’alerte une nuit de 1440 aux cris de « au guet, au guet » Un ennemi voulant la faire taire lance une pierre miraculeusement interceptée et tombe mort. Saisis d’effroi, les autres soldats s’enfuient.

En ce XVIème siècle la ville se pare d’édifices de style Renaissance dont les riches sculptures rappellent l’Antiquité (colonnes, bas-reliefs). Le Neuf Castel est construit sur l’esplanade avec un beau point de vue sur la ville. Rue des Ducs de Bar des hôtels particuliers montrent des façades sculptées (pilastres cannelés, gargouilles, frises) et même une sculpture polissonne sur la façade de la Poste. Bernanos, écrivain, a vécu au N° 47. Au N° 75 se trouve un ancien pressoir seigneurial qui rappelle qu’il y avait des vignes produisant le « pineau de BAR » sur la Côte Sainte Catherine.

Place Saint Pierre l’hôtel de Florainville devenu Palais de Justice arbore des armoiries de BAR-LE-DUC : deux bars pour les Ducs de BAR accolés aux trois pensées représentant la devise de la ville : « plus penser que dire. »

Rue du Bourg on peut voir de belles façades Renaissance et du XVIIème siècle comme au N°26 la maison des deux Barbeaux de 1618 immortalisée par André Theuriet écrivain, ou bien le N°49 dont les gargouilles ont été préservées, ou encore le N°51 aux belles fenêtres à meneaux. Place Saint Pierre le Tribunal d’Instance date de 1604 il a une décoration de style classique (colonnes, chapiteaux corinthiens). La Préfecture, place Reggio a été construite au XVIIème siècle et remaniée plusieurs fois au cours des siècles suivants.

Le XVIIIème siècle voit le rattachement du Duché de Bar à la Couronne de France en 1766 C’est le siècle de l’aménagement des places et du Boulevard de la Rochelle. Place de la Couronne aussi nommée place de la Tête Fendue, les deux pilastres des anciennes portes ont été décorés en 1750. Au début du XVIIIème, rue Tribel, l’Hôtel de Salm est construit et au 18 de la rue Oudinot en 1767 naît le futur maréchal Oudinot qui en 1803 a bâti le château qui deviendra l’Hôtel de Ville.

Au XIXème BAR-LE-DUC connaît un véritable essor économique qui se ressent dans l’architecture comme on peut le voir Place Exelmans sur l’ancienne Caisse d’Epargne devenue Maison de l’Office National de la Chasse et sur les anciens Bains Publics de style néo-renaissance.

De même rue Rousseau plusieurs bâtiments témoignent de la prospérité de BAR-LE-DUC comme au N°57 la façade ornée de vignes au-dessus de la boucherie ou la façade de l’ancien théâtre devenu boutique de mode.

L’activité économique est favorisée par la position centrale de la ville entre PARIS et STRASBOURG lorsqu’il fallait recharger les locomotives en charbon et par la mise en service en 1853 du canal de la Marne au Rhin. La métallurgie et la sidérurgie étaient la base de l’activité industrielle. Au N° 69 de la Rue Bradfer on peut voir la maison des maîtres de forges. Rue Sébastopol dans la cour de l’école élémentaire Bradfer se trouve la statue d’Ernest Bradfer maire de la ville et maître de forges reconnu. Le XIXème a vu aussi naître des innovations comme celle du vélocipède à pédale des frères Michaux en 1861, commémorée par le monument érigé à l’angle de la rue Maginot. La maison natale des Michaux se trouve au N° 32 de la Rue Saint Jean. En 1895 est édifiée l’église Saint Jean Boulevard de la Rochelle dans un style néo-byzantin tout comme la synagogue du quai Carnot construite en 1872.

A la charnière entre XIXème et XXème siècle on trouve Raymond Poincaré né en 1860 au 35 Rue du Docteur Néve qui sera Président de la République durant la Première Guerre Mondiale Sa statue se trouve en face de la gare.

Au début du XXème l’opulence du XIXème est encore présente dans la construction en 1903 du château de Marbeaumont pour le banquier VARIN-BERNIER, devenu aujourd’hui médiathèque. C’est un mélange de tous les styles de la Renaissance à l’Art Nouveau, associé au modernisme : ciment armé,charpente métallique, ascenseurs, eau courante etc…

Mais la guerre 14-18 est déclarée. Le front n’atteint pas BAR-LE-DUC mais la ville est en soutien Avenue Schumann on peut voir la borne 0 de la Voie Sacrée distante de VERDUN de 57 kilomètres par laquelle ont été acheminés de mars à juin 1916 200000 tonnes de matériel, 400000 hommes et ont été évacués 200000 blessés. Le cimetière militaire de BAR-LE-DUC compte 3100 tombes. Mais la Voie Sacrée ne fut pas seule utilisée. Impasse Varinot se trouve la gare du Meusien où 22 trains quotidiens (35 en 1916) emmenaient soldats, vivres et munitions au front.

Le XXème siècle a vu aussi des réalisations plus pacifiques comme au 32 Boulevard de la Rochelle en façade du bâtiment de la Poste, les vitraux de Grüber en 1928 célébrant le progrès technique : train, avion, bateau, télégraphe.

Après ce parcours de 10 siècles en moins de 9 kilomètres, une bonne choucroute préparée par nos amis des Trotte-Voyottes était la bienvenue.

Nous les remercions d’avoir organisé une belle randonnée qui a séduit tout le monde

                                                                                                                                             Mireille

 

Premier groupe

Deuxième groupe

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