Rando d'automne à NANCY

Marche du DIMANCHE 18 Octobre 2015 à NANCY : de l’Art Nouveau à l’Art Déco

 

La France a largement contribué à la création d’un art nouveau, mais c’était en réalité un mouvement qui a concerné toute l’Europe et les Etats-Unis. Les artistes de ce mouvement étaient partisans de l’unité de l’art c’est-à-dire la réunion dans un même ensemble des arts majeurs (peinture, sculpture, architecture) et des arts décoratifs (céramique, verre, ébénisterie, travail des métaux, reliure, décoration sur tissu….) .En associant artisanat et industrie ils voulaient créer des formes nouvelles en rupture avec les modes antérieures et trouver d’autres sources d’inspiration notamment la nature (plantes, insectes).

A NANCY, trois éléments avaient créé les conditions de l’épanouissement de ce mouvement : l’arrivée du chemin de fer en 1850, la création de l’Université en 1854 et, paradoxalement la défaite de 1870.

Après le traité de FRANCFORT, la frontière passait à 30 kilomètres de NANCY. Beaucoup d’Alsaciens-Lorrains qui avaient fui les territoires annexés s’étaient installés à NANCY qui était passé de 50 000 à 140 000 habitants en 1920.

Ces nouveaux venus avaient apporté capitaux, main d’œuvre et dynamisme.

Dans ce contexte, un homme avait émergé, Emile Gallé, entraînant avec lui d’autres artistes, artisans et industriels lorrains dans l’idée qu’il se fait des arts au quotidien et de l’art pour tous.

Ses parents tenaient un magasin de verrerie et de faïencerie à NANCY. Né en 1846, Emile était un élève brillant passionné de botanique. Il a appris le métier de verrier et assuré la direction artistique des fabrications dans l’atelier de son père à NANCY, ou en collaboration avec les ateliers de MEISENTHAL, SAINT-CLEMENT puis RAON l’ETAPE.

Marié en 1875, il s’est installé au N°2 de l’avenue de la Garenne.

Touche-à-tout, il a créé au N°27 de cette même avenue un atelier d’ébénisterie et un atelier de faïence en 1884, ainsi qu’une cristallerie en 1894. Inlassable chercheur, il a innové dans les techniques de fabrication pour répondre à un marché qui concerne aussi bien les amateurs fortunés que la classe bourgeoise moyenne.

Il a remporté un vif succès à l’Exposition Universelle de 1889. Il a été de toutes les grandes expositions.

Beaucoup d’artistes, d’artisans, d’industriels le suivaient. Le mouvement Art Nouveau a touché aussi bien l’architecture des immeubles que la conception des meubles, des objets usuels (vases, lampes, vaisselle), la reliure des livres ou l’impression des tissus.

Lorsqu’en 1901 Emile Gallé a créé l’Ecole de Nancy autrement dénommée «Alliance Provinciale des Industries d’Art», elle comptait 330 adhérents dont Louis Majorelle et Eugène Vallin ébénistes, Antonin Daum et Jacques Grüber verriers, Emile André, Georges Biet et Lucien Weissenburger architectes, Oscar Berger-Levrault et Albert Bergeret imprimeurs, Victor Prouvé peintre et sculpteur. Cette Alliance, destinée à défendre la production lorraine face à la concurrence parisienne et étrangère, affaiblie par la mort d’Emile Gallé en 1904, n’a pas survécu à la Première Guerre Mondiale et les ateliers d’Emile Gallé ont fermé leurs portes en 1931.

En réalité, l’Art Déco plus dépouillé et moins cher avait déjà succédé à l’Art Nouveau. Après la guerre 14-18, les moyens financiers à consacrer aux arts en général et aux arts décoratifs en particulier n’étaient plus les mêmes. Les priorités étaient à la reconstruction et au redressement du pays dont toute une génération de jeunes hommes avait été engloutie.

Dès lors il n’était plus question des coûteux investissements dans des architectures compliquées ou dans des décorations surchargées style «nouille».

Place aux lignes épurées, plutôt géométriques et primauté à l’aspect fonctionnel avec pour matériau le béton.

Pour autant certaines caractéristiques de l’Art Déco perpétuent encore des traits de l’Art Nouveau comme la présence de décoration florale, surtout des roses. C’est l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925 qui lance le mouvement Art Déco.

La randonnée d’Automne à laquelle se sont rendus douze membres du Pied Champêtre parmi les 800 participants au départ Parc Sainte Marie à NANCY montre bien les points communs et les ruptures entre les deux mouvements artistiques. Au sortir du Parc Sainte Marie, dans l’avenue Boffrand se trouve l’Ecole des Beaux-Arts dont Victor Prouvé, ami d’Emile Gallé, fut directeur de 1919 à 1940.

Les immeubles côté pair présentent les signes distinctifs du genre Art Déco: corbeilles de roses en nombre modéré sur la façade, lignes souples des balcons, oriels. Les ferronneries notamment les garde-corps des balcons sont un élément décoratif important et souvent l’élément distinctif d’immeubles à l’architecture très proche.

Rue Victor Prouvé trois maisons ont été construites avec les mêmes matériaux que ceux que nous verrons plus tard rue Félix Faure sur les maisons de César Pain : pierre de taille, pierre meulière ou granite, briques vernissées, bois. Les marquises et ferronneries qui rappellent l’Art Nouveau sont particulièrement remarquables.

Rue Emile Gallé on retrouve des maisons de style balnéaire comme les précédentes, ornées de de belles marquises avec pour certaines de beaux vitraux de Jacques Grüber.

Boulevard Jean Jaurès on voit au N° 66 une maison mixte dont le feuillage sculpté est Art Nouveau et la ferronnerie Art Déco. Après la traversée de l’avenue de la Garenne les immeubles sont Art Déco. Seul l’atelier de fabrication de Gallé au N° 70-78 datant de 1890 est Art Nouveau.

A proximité de la rue des Brices l’Art Nouveau règne en maître dans l’exubérance de la Villa Lang (1905-1906) ou de la Villa des Roches (1904) ou l’originalité de la Villa des Glycines. Rue et Square Jules Dorget la monumentale grille fermant le square et celle qui fermait jadis le parc de Saurupt réalisée par Louis Majorelle figure des plumes de paon.

Rue du lieutenant Crépin on peut voir 8 réalisations Art Déco datées entre 1927 et 1930 qui sont signées de l’architecte Charles Masson côté pair. Côté impair 3 hôtels particuliers signés également Masson ont des oriels et des loggias particulièrement intéressants.

Rue du Maréchal Oudinot on remarque un alignement de maisons César Pain construites entre 1912 et 1914. Rue Notre Dame de Lourdes nous visitons l’église créée en 1908 par Monseigneur Turinaz dont la haute nef repose sur des colonnes aux chapiteaux finement sculptés et dont les vitraux ont été réalisés entre 1922 et 1927 par les maîtres verriers Joseph Benoit et Georges Janin à NANCY.

Avenue du Général Leclerc on peut admirer au N° 204 une très belle devanture Art Déco de la pharmacie. Rue du sergent Blandan nous sommes ramenés au XXIème siècle par le chantier géant de l’ARTEM (Art Technologie et Management) qui rassemblera Ecole des Beaux-Arts, Ecole des Mines et ICN Institut Commercial de NANCY.

Une longue galerie-rue de 300 mètres avec une verrière colorée est la signature de l’ARTEM. Le projet a été conçu pour 4000 étudiants et 700 enseignants-chercheurs.

Le retour par la rue Félix Faure fait réviser tous les styles et se distingue par les villas aux motifs floraux ou fruitiers peints sur la façade construite par César Pain comme les capucines au N° 62 ou les clématites au N° 26.

Nous traversons Nancy-Thermal qui doit sa piscine d’eau thermale à la découverte en 1909 par Louis Lanternier d’une source d’eau chaude à 37° au débit de 6500 litres par minute. La mort de Louis Lanternier en 1916 et la guerre ont mis fin au projet de complexe hôtelier de remise en forme.

Au Parc Sainte Marie les organisateurs (FFRP de Meurthe et Moselle) nous offrent un café ou un thé avec des gâteaux. Les guides bénévoles qui nous ont pilotés et ont commenté la promenade ont gagné un repas bien mérité.

Un grand remerciement à tous.

                                                                                                                                                                           Mireille



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